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10 nov. 2016

Comment serons-nous soignés en 2025?

"Les nouvelles technologies et la collecte de données posent des questions éthiques, juridiques et de sécurité. «Le risque zéro n’existe pas», rappelle Aurélie Rosemberg, responsable du secteur e-health de l’Etat. Que faire si le système informatique craque, si des données sont perdues ou altérées? La perte de confiance dans le système est un risque majeur, soulignent les intervenants."

Photo d'illustration.  Image:  Laurent Guiraud
Comment serons-nous soignés en 2025?
par Sophie Davaris, Tribune de Genève,
30 septembre 2016

Genève : La révolution numérique bouleverse la prise en charge médicale. L’Etat réfléchit à de nouveaux modèles de soins.

Comment serons-nous soignés en 2025? Patients de mieux en mieux informés, nous bénéficierons d’une médecine toujours plus pointue et personnalisée. Mais voudrons-nous connaître les risques qui nous guettent et nous soumettre à toutes les injonctions médicales? Quid de la sécurité informatique, qui n’est pas infaillible? Ces questions, les autorités genevoises se les posent et essaient d’imaginer la santé du futur. Dans un colloque organisé au Campus Biotech, le Département de la santé réunissait vendredi une cinquantaine d’acteurs – issus du monde hospitalier, de l’industrie, spécialistes de la sécurité et de la protection des données – pour y réfléchir.



En réalité, la révolution numérique bouleverse déjà la médecine. Le Canton ne veut pas perdre la main alors qu’il se considère comme le plus avancé de Suisse dans le déploiement du dossier médical électronique. A Genève, cet outil – qui permet à chacun d’accéder à ses données de santé et de les partager s’il le souhaite – a déjà convaincu 20 000 patients et 1300 professionnels de la santé, dont 650 médecins en cabinet, selon le département.

Mais à l’avenir, que voudront les patients et les professionnels? Lorsque les machines permettront de collecter une immense quantité d’informations, et que l’intelligence artificielle aidera au diagnostic, quel sera le rôle du médecin? «Il est certain que le médecin de 2050 ne sera pas celui de 2016. Il devra réinventer son rôle pour garder sa place au cœur du système de santé et du processus de décision», prévient le conseiller d’Etat Mauro Poggia.

De son côté, le patient, de plus en plus informé et autonome, est en passe de devenir un partenaire incontournable des professionnels de la santé. «Grâce aux outils informatiques, le patient hospitalisé pourra mieux participer à sa prise en charge», indique le professeur Antoine Geissbuhler, chef du service Cybersanté et télémédecine aux Hôpitaux universitaires de Genève. Des expériences pilotes sont menées. Par exemple, «grâce à une tablette, le patient peut connaître ses résultats de laboratoire, envoyer des questions au médecin avant la visite, savoir quand sont prévus ses traitements et planifier sa journée et ses visites privées en conséquence».

Mais attention, les nouvelles technologies et la collecte de données posent des questions éthiques, juridiques et de sécurité. «Le risque zéro n’existe pas», rappelle Aurélie Rosemberg, responsable du secteur e-health de l’Etat. Que faire si le système informatique craque, si des données sont perdues ou altérées? La perte de confiance dans le système est un risque majeur, soulignent les intervenants. «L’Etat devra être le garant de la protection des données», indique Mauro Poggia, qui met en garde contre la tentation, grande, pour les assureurs et la santé publique, de collecter des données, au détriment du secret professionnel auquel chacun a droit.

(TDG)

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Comment-seronsnous-soignes-en-2025/story/25439353

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