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10 nov. 2016

Le conseiller d’Etat genevois en charge de la santé dénonce la «corruption» des parlementaires fédéraux par les assureurs-maladie

Poggia: des parlementaires sont corrompus par les assureurs-maladie
par Charles-André Aymon dans Politique, 6 novembre 2015

Dans un billet de blog d’une rare violence, le conseiller d’Etat genevois en charge de la santé dénonce la «corruption» des parlementaires fédéraux par les assureurs-maladie.

«Corruption», Mauro Poggia ose le mot. Selon lui, la perversion des relations entre les parlementaires et les assureurs-maladie ne peut plus s’appeler lobbyisme. Pour le ministre genevois de la Santé, les choses sont allées tellement loin qu’il n’y a plus qu’un seul mot, qu’il répète, pour les caractériser: corruption.

Profiteurs et mercenaires

Comment appeler autrement que «profiteurs» à «l’esprit corrompu», explique-t-il, les 8 conseillers aux Etats (sur 13) membres de la commission de la santé et payés par les assureurs pour défendre leurs intérêts? Ces «mercenaires d’intérêts privés», explique-t-il encore exercent «en toute transparence, dans l’indifférence des médias» et de l’opinion publique.

Interrogé sur la virulence de ce billet, Mauro Poggia ne baisse pas le ton: «Quand c’est pourri et que ça sent mauvais, il ne faut pas seulement se boucher le nez. Dans n’importe quel pays, dans n’importe quelle entreprise, on interdirait à quelqu’un de lever la main pour parler en faveur d’une autre entreprise. Le système de milice suisse ne doit pas servir à camoufler des gens payés par les assureurs qui agissent contre les intérêts de ceux mêmes qui les ont élus.»

Aller dans le mur

Le conseiller d’Etat écarte par ailleurs toute arrière pensée politicienne sur le timing de publication de ce texte: «Quelles que soient les personnes élues au Conseil des Etats dimanche prochain, l’inertie est telle que rien ne pourra changer.» Pour le ministre MCG, au niveau fédéral, la gauche soutient les assurés et la droite la concurrence dans le domaine de la santé, alors que ça devrait être un sujet d’union nationale.

Sur le fond, M. Poggia fait le constat de l’indifférence des médias et de l’opinion publique, liée à une incapacité du politique à briser les appétits des caisses-maladie. «Je suis pessimiste. Il faudra peut-être aller dans le mur pour que les choses changent. Nous devrons sans doute avaler la couleuvre de la suppression du libre choix du médecin pour que les Suisses alémaniques se rendent compte qu’il y a un problème. Sinon, aucune initiative populaire ne passera.»
Ce qui a fait réagir Mauro Poggia
CAA – L’événement déclencheur de l’ire du conseiller d’Etat? La réunion de la Commission de la santé du Conseil des Etats, le 3 novembre dernier.

«Il s’agissait de la dernière séance de la législature. A cette occasion, les anciens conseillers aux Etats ont décidé de maintenir tel quel le système de pilotage du domaine ambulatoire.» Dans les faits, cela signifie que tout médecin ayant trois ans de formation post-graduée peut s’installer en pratique privée où il veut.

«Or, Genève avait introduit un amendement pour que le canton aie le dernier mot en la matière. En effet, nous avons besoin des clefs de la voiture pour contrôler et limiter les installations dans les spécialités déjà fortement représentées.»

Plus largement, le ministre de la Santé dénonce l’aspect désormais surréaliste de l’emprise des caisses-maladie sur le Parlement: «Rendez-vous compte que le conseiller national Jürg Stahl (UDC, ZH), qui a introduit une motion permettant aux assurances de choisir les médecins qu’elles rembourseront, a son adresse postale au Groupe Mutuel. Et le texte sera accepté!»

http://www.aymon.info/2015/11/06/poggia-des-parlementaires-sont-corrompus-par-les-assureurs-maladie/

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