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2 nov. 2016

Suisse : Sortie programmée du nucléaire - 7 arguments pour la fin du nucléaire

Le 27 novembre 2016, la population a la possibilité de
permettre à la Suisse de sortir à temps du nucléaire et
d'avancer vers un horizon renouvelable.
©Greenpeace/Robinson
Sortie programmée du nucléaire - 
7 arguments pour la fin du nucléaire
Greenpeace Suisse, 1er novembre 2016

Le 27 novembre, la population suisse se prononcera sur l’initiative pour la sortie programmée du nucléaire. Les arguments avancés par les opposants à l’initiative sont faciles à démonter.

L'initiative pour la sortie du nucléaire n'entre pas en contradiction avec la stratégie énergétique 2050 de la Confédération, qu'elle complète et soutient en fixant des étapes clairement définies. En cas d'acceptation de l'initiative, les centrales de Beznau 1 et 2 et de Mühleberg seraient mises hors service en 2017, Gösgen en 2024 et Leibstadt en 2029. Ce calendrier profiterait à l'économie suisse en stimulant les investissements dans le domaine des énergies renouvelables.

Dans une Suisse qui aime le "propre en ordre", l'initiative crée une situation fiable et correspondant à la volonté de la majorité de la population. Elle balise la voie vers un avenir sans risques nucléaires. Voici les sept principaux arguments des opposants, avec à chaque fois une réponse simple et convaincante.




"Sans le nucléaire, c'est la débâcle. Il y aura pénurie de courant. L'approvisionnement ne sera plus garanti."

Il n'est pas question de pénurie. D'abord parce que la Suisse est l'un des pays les mieux intégrés au réseau européen et qu'elle peut à tout moment importer du courant. Ensuite, parce que la forte progression des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique et biomasse) de ces dernières années en Suisse remplace déjà une centrale de la taille de Mühleberg. Et la liste pour la rétribution à prix coûtant (RPC) compte 55'000 projets en attente de construction ou de financement, avec une production totale de plus de 10 térawattheures. Avec les projets déjà réalisés, cela permettrait de remplacer plus de la moitié de l'énergie nucléaire. C'est une question de volonté politique.


"Si les centrales suisses s'arrêtent, il faudra importer du courant sale provenant d'autres pays européens. La Suisse dépendra de l'étranger pour son approvisionnement et nos objectifs climatiques seront mis en péril."

Le choix ne se limite pas à la peste et au choléra. La Suisse peut tout à fait décider, comme n'importe quel consommateur, de n'acheter que du courant renouvelable. Et en exploitant pleinement notre propre potentiel d'énergies renouvelables, la mise hors service de la dernière centrale en 2029 augmentera même l'indépendance de la Suisse, car il ne faudra plus importer d'uranium. De plus, nos fournisseurs à l'étranger ont construit des capacités renouvelables qui équivalent à deux réacteurs suisses. De toute manière, les pays voisins devront forcément démanteler leurs centrales d'énergies fossiles au cours des prochaines années pour atteindre leurs propres objectifs climatiques.


"Si les centrales suisses s'arrêtent, il faudra importer du courant sale provenant d'autres pays européens. La Suisse dépendra de l'étranger pour son approvisionnement et nos objectifs climatiques seront mis en péril."

L'IFSN elle-même constate qu'elle ne peut pas jouer son rôle. C'est pourquoi elle a demandé au Parlement des améliorations légales pour lui donner les moyens de remplir sa fonction et d'augmenter la sécurité. De manière tout à fait irresponsable, le Conseil national et le Conseil des États ont rejeté les demandes de l'IFSN (voir l'article sur la sortie du nucléaire en page 11). Personne, pas même l'IFSN, ne peut garantir qu'il n'y aura pas d'accident grave dans une centrale suisse.


"En cas d'acceptation de l'initiative, les exploitants des centrales feront valoir des dommages-intérêts. Nous passerons deux fois à la caisse, avec nos impôts et avec la hausse du prix du courant. C'est une destruction du patrimoine national!"

En fait, il y a surproduction de courant en Europe. Les prix ont donc baissé et les centrales nucléaires ne parviennent plus à produire de manière rentable. Cela n'est pas dû à l'initiative. Pour les centrales déficitaires, il n'y aura pas de dommages-intérêts à faire valoir. L'arrêt et la mise hors service d'un certain nombre de centrales peuvent contribuer à réduire la pléthore de courant. L'initiative contribue donc à assainir le marché de l'électricité et soutient en particulier l'énergie hydraulique suisse. L'exemple de Beznau prouve en outre qu'une sortie programmée est moins chère qu'un arrêt non planifié. Et infiniment moins chère qu'un accident nucléaire.


"Comment renoncer au nucléaire alors que notre consommation d'électricité continue d'augmenter? La croissance démographique et économique, les pompes à chaleur et la mobilité électrique, tout cela demande une production supplémentaire."

La Suisse ne consomme pas plus qu'il y a dix ans malgré la croissance économique et démographique des dernières années. Le potentiel d'économies d'énergie n'est pas non plus épuisé, loin de là, en particulier dans la domotique. Il est vrai que les nouvelles pompes à chaleur et la mobilité électrique consomment davantage de courant. Mais comme le gaspillage concerne encore un tiers du courant, il est tout à fait possible de compenser cette consommation supplémentaire. Et la production d'énergie renouvelable en Suisse va nettement progresser ces prochaines années.


"Comment renoncer au nucléaire alors que notre consommation d'électricité continue d'augmenter? La croissance démographique et économique, les pompes à chaleur et la mobilité électrique, tout cela demande une production supplémentaire."
Les lacs de barrage des Alpes suisses représentent déjà une forte capacité d'accumulation d'énergie. Et les réseaux entre la Suisse et les autres pays sont très développés. Les calculs de Swissgrid, la société nationale pour l'exploitation du réseau, prouvent qu'un système d'approvisionnement renouvelable à 100% est faisable. Il existe des solutions peu chères pour les excédents à court terme. Et les nouvelles technologies de type smart grid, qui adaptent la production à la consommation, ont un potentiel non négligeable.


"Les énergies renouvelables nuisent elles aussi à l'environnement."

C'est vrai, et c'est pourquoi les économies d'énergie sont la meilleure solution. Mais il existe de grandes différences entre les sources d'énergie. Le nucléaire présente un bilan écologique bien pire que toutes les énergies renouvelables si l'on prend en compte l'entier du cycle de production, de l'extraction des matières premières au recyclage et à l'élimination des déchets. De plus, le stockage définitif des déchets nucléaires reste un problème sans solution à l'heure actuelle.


http://www.greenpeace.org/switzerland/fr/themes/energies/energie-nucleaire/sortie-programmee/7-arguments/

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