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26 nov. 2016

Suisse : Valais : Pour l’Etat, la ligne aérienne contestée pourrait être enterrée

Pour l’Etat, la ligne aérienne contestée pourrait être enterrée
par Xavier Lambiel, Le Temps,
24 novembre 2016

Depuis plus de 20 ans, un projet de ligne aérienne à très haute tension se heurte aux oppositions. Pour la première fois, l’Etat du Valais confirme «la faisabilité technique» d’une ligne enterrée

Le gouvernement entre tardivement dans un vieux débat. Ce jeudi, l’Etat du Valais publie une étude qui analyse les possibilités d’enfouir la ligne à très haute tension que le transporteur d’électricité Swissgrid entend ériger dans la plaine du Rhône. Le ministre Jacques Melly refuse de commenter. Les conclusions de ses services trahissent un timide positionnement politique: Pour la première fois, l’Etat confirme «la faisabilité technique» d’une ligne enterrée.

"Swissgrid tente d’imposer aux Valaisans la dernière ligne aérienne du pays"

Très sensible, ce projet a donné naissance à plusieurs mouvements citoyens. Au nom de la santé de la population et de la défense du paysage, des élus de tous les partis militent pour enfouir cette impopulaire ligne à très haute tension. Le conseiller national Mathias Reynard mène la fronde. Il soutient que «les Valaisans sont traités différemment» et que «Swissgrid tente de leur imposer la dernière ligne aérienne du pays.»

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Depuis 1986, les électriciens espèrent piquer les coteaux valaisans de 77 pylônes qui pourront s’élever jusqu’à 100 mètres de haut. Ils supporteront un rideau de 33 câbles qui s’étirera entre les villages de Chamoson et de Chippis, distants de 30 kilomètres. Le projet doit permettre de raccorder l’hydroélectricité des barrages valaisans au réseau national et international par l’est. Jusqu’ici, il s’est heurté aux multiples recours d’une population hostile.
Des alternatives crédibles

L’étude publiée ce jeudi anéantit un argument important des opposants. Selon ses conclusions, un éventuel enfouissement ne pourrait pas vraiment bénéficier de synergies avec les travaux de la troisième correction du Rhône, parce que les meilleurs tracés ne passent que rarement le long du fleuve. Mais le document avance d’autres variantes possibles. Jugées dix fois plus onéreuses qu’une ligne aérienne, elles ont été transmises à la société.

La faisabilité d’un enfouissement ne sera plus matière à débat

Pour l’ingénieur cantonal Vincent Pellissier, «notre étude démonte une fausse bonne idée et propose des alternatives crédibles pour enterrer la ligne». Selon lui, «la faisabilité d’un enfouissement ne sera plus matière à débat» et «nous avons désormais les éléments factuels nécessaires à analyser les coûts des différentes variantes en tenant compte des aspects paysagers et des questions de santé.»
Interprétations contradictoires

Electriciens et opposants à la ligne aérienne se déchirent déjà sur l’interprétation de cette étude. S’il conteste l’évaluation des coûts telle que calculée par l’Etat, Mathias Reynard retient surtout que «la faisabilité technique d’un enfouissement est enfin confirmée» et que «le gouvernement soutient une variante souterraine». Pour lui, «les électriciens doivent désormais négocier.»

Même réalisable techniquement, un enfouissement ne serait pas pertinent

En charge du dossier chez Swissgrid, Marie-Claude Debons livre une lecture très différente de la situation. Pour elle, «cette étude arrive aux mêmes conclusions que toutes les précédentes» et «même réalisable techniquement, un enfouissement ne serait pas pertinent». Elle insiste: «Notre projet actuel est aérien, et à ce stade, nous n’avons pas d’alternative souterraine.»

L’Etat du Valais a choisi de publier le document à un moment-clé du débat. Le Tribunal administratif fédéral devait se prononcer sur ce projet en décembre prochain. Si le juge choisit de verser cette étude au dossier, il retardera encore une fois un verdict qui promet déjà d’être combattu.

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