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9 déc. 2016

Suisse : Pas de hausse du rayonnement des antennes pour les mobiles

Doris Leuthard, Conseillère fédérale "Nous voulons des
antennes loin des habitations, ce qui implique
d'augmenter leur puissance".
Vaudois et Genevois contre le rayonnement des antennes
par Arthur Grosjean@arthurflash, Tribune de Genève, 8 décembre 2016

Téléphone mobile : Les sénateurs ont refusé d'augmenter la puissance des antennes estimant que les effets sur la santé n’étaient pas négligeables

Les opérateurs téléphoniques ne pourront pas augmenter la puissance des antennes pour les téléphones mobiles. Le Conseil des Etats a refusé tout assouplissement comme le demandait une motion au Conseil fédéral. Le vote a été très serré, puisque la décision a été prise par 20 voix contre 19 et 3 abstentions. L’appartenance partisane n’a pas joué de rôle décisif.

La motion avait pourtant reçu un large soutien en commission. Le rapporteur Hans Wiki (PLR/NW) explique en long et en large la nécessité d’assouplir les normes en vigueur. «Il y a plus de 15 000 antennes en Suisse et 6000 atteignent déjà les valeurs limites autorisées. Une modeste adaptation de ces valeurs permettra de bénéficier d’une bonne couverture du réseau mobile, indispensable pour la population et l’économie.» Il fait remarquer que le transfert des données explose et que, dans quatre ans, 20 à 30 millions d’objets seront connectés en Suisse dans une société toujours plus digitalisée.

Deux femmes, qui se trouvent dans la minorité, tirent alors la sonnette d’alarme. D’abord Brigitte Häberli-Koller (PDC/TG). Elle fait remarquer que l’electrosmog rend des gens malades. «Le principe de précaution veut que nous gardions le rayonnement le plus bas possible. Surtout que l’OMS n’exclut pas une incidence sur le cancer.» Selon elle, les opérateurs feraient mieux de développer de nouvelles antennes ou d’améliorer les performances techniques des anciennes.

Géraldine Savary (PS/VD) ne comprend pas la précipitation à abaisser les normes. «Nous avons reçu de nombreux courriers de gens qui souffrent du rayonnement. Ce ne sont pas des malades imaginaires.» Selon elle, il ne faut pas céder à la pression des opérateurs. Elle obtient du soutien d’Olivier Français (PLR/VD), qui avoue douter. «Il est prouvé que le rayonnement a des effets sur le cerveau. Cela nuit-il à la santé? Honnêtement, il y a un doute. Cela me rappelle un peu le débat sur l’amiante.» Pour lui, on ne peut en tout cas pas qualifier le risque de «quantité négligeable».

Thomas Minder (UDC/SH), lui, n’a aucun doute. «A cause des ondes, il y a des gens qui ne peuvent pas quitter leur maison sans des habits spéciaux. On a retrouvé des animaux morts près d’une antenne, et même Apple conseille de téléphoner avec la fonction mains libres.» Robert Cramer (Les Verts/GE) regrette que le parlement se fasse instrumentaliser par les opérateurs. «Augmenter la puissance des antennes revient moins cher pour eux, mais est plus dommageable pour la santé publique.»

On se dit que l’affaire est pliée quand la riposte s’organise. Elle vient de façon inattendue de Pascale Bruderer (PS/AG). «Nous savons que le besoin de transmettre des données va augmenter. Quelles sont vos alternatives? Je ne les vois pas. En fait, si on n’augmente pas un peu la puissance des antennes, il faudra alors en construire plus.»

La conseillère fédérale Doris Leuthard jette toutes ses forces dans la bataille. Elle relève que le débat, avec indisposition de certaines personnes et animaux morts, est vieux de 15 ans. Elle réfute qu’une antenne mobile soit seule responsable. «Ce sont souvent la conjonction de plusieurs sources de rayonnement (lignes de courant à haute tension, réseau électrifié des trains, etc.) qui expliquent les problèmes.»

Doris Leuthard ajoute que l’OMS n’a jamais considéré les antennes mobiles comme un risque pour la santé. «L’organisation rendra un nouveau rapport en 2018. Aucun indice ne nous laisse penser que cette position évoluera.» Elle pointe enfin les contradictions de tout un chacun sur l’electrosmog. «Nous voulons des antennes loin des habitations, ce qui implique d’augmenter leur puissance. Et puis 90% de la charge du rayonnement proviennent non pas des antennes mais de notre propre appareil.»

Doris Leuthard va-t-elle convaincre les hésitants? Non, elle échoue au poteau pour une voix. (TDG)

http://www.tdg.ch/suisse/politique/vaudois-genevois-rayonnement-antennes/story/22179137

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