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13 janv. 2017

France : Comme un poison dans l'eau : les perturbateurs endocriniens seraient aussi présents dans celle que l'on boit !

Comme un poison dans l'eau : les perturbateurs endocriniens seraient aussi présents dans celle que l'on boit !
par Julie Bernichan, lci.fr, 12 janvier 2017

POLLUTION – Alors que la Commission Européenne tentera de voter de nouvelles propositions sur les perturbateurs endocriniens le 26 janvier prochain, l’ONG Générations Futures publie un nouveau rapport sur le sujet. Selon les résultats de son enquête, la plupart des pesticides retrouvés dans l’eau sont soupçonnés de perturber le système hormonal.

A quel point les pesticides polluent-ils une denrée aussi essentielle que l’eau, pouvant ainsi causer du tort à notre santé? L’ONG Générations Futures a investigué et sort ce 10 janvier le huitième volet des enquêtes EXPERT (Exposition aux Pesticides PERTurbateurs endocriniens). Loin d’être rassurants, les résultats révèlent que la plupart des pesticides retrouvés dans l'eau sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, des substances nocives pour la santé.

Des pesticides jusque dans les nappes

Car voilà, les rapports faisant mention de pesticides sont nombreux, mais le détail "des propriétés toxicologiques des molécules trouvées" manque à l’appel selon Générations Futures. L’ONG a donc décidé de rectifier le tir en menant ses propres recherches. C’est ainsi qu’elle a passé au crible les données publiées par le Commissariat général au Développement durable portant sur des analyses réalisées au cours de l’année 2013 et du "Bilan de la qualité de l'eau au robinet du consommateur vis-à-vis des pesticides en 2014", rendu public en juillet 2016 par le ministère des Affaires sociales et de la Santé.

En tout, "sur les 607 substances pesticides recherchées en 2013 dans les eaux souterraines de France métropolitaine, 220 ont été retrouvées au moins une fois dans les nappes", alerte le rapport. Héritage d’anciens pesticides ou contamination par des nouveaux, les substances nocives ne sont pas prêtes de s’évaporer de sitôt.

Des pesticides qui sont aussi des perturbateurs endocriniens

Plus inquiétant, "73,3% des pesticides les plus quantifiés dans les eaux de surface (soit 11/15) en métropole en 2013 sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens", note le rapport. Or, ils sont suspectés de causer de nombreuses pathologies liées aux hormones, comme certains cancers (du sein ou de l’ovaire), ou de favoriser les troubles du développement cérébral chez l’enfant à naître.

Concernant les eaux souterraines, 53% des pesticides les plus quantifiés sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. Et l’eau du robinet n’est pas non plus épargnée, puisque "d’après nos recherches, ce sont 50% des molécules (molécules mères ou métabolites) les plus fréquemment à l’origine d’un classement en situation de non-conformité en 2014 qui sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens (soit 18 sur 36)."

Une législation toujours inexistante

"Rapport après rapport, notre association n’a de cesse d’alerter sur l’exposition des populations, tout particulièrement les plus vulnérables, aux perturbateurs endocriniens. Et ce nouveau rapport vient encore démontrer l’urgence à agir et de retirer les pesticides perturbateurs endocriniens du marché !", affirme François Veillerette, directeur de Générations Futures, dans un communiqué.

Et pour cause, les études en la matière se succèdent et se ressemblent. Pourtant, la législation ne bouge pas. Dans une tribune publiée le 29 novembre dernier dans le journal Le Monde, une centaine de scientifiques se sont alliés pour dénoncer l’absence de règlement limitant l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Ils pointaient alors du doigt les "marchands de doute", des chercheurs liés aux fabricants, accusés de détourner les données scientifiques.

Grâce à ce nouveau rapport, Générations Futures espère ainsi inciter les gouvernements européens à légiférer. Prochaine étape : le 26 janvier 2017. La Commission européenne tentera de faire voter de nouvelles propositions afin de retenir une définition précise des perturbateurs endocriniens et pouvoir les interdire par la suite. Pour rappel, cette tentative s’était soldée par un échec le 21 décembre dernier. En cause, les critères retenus ont été considérés comme trop laxistes par plusieurs gouvernements, dont la France.

http://www.lci.fr/sante/comme-un-poison-dans-l-eau-les-perturbateurs-endocriniens-seraient-aussi-presents-dans-celle-que-l-on-boit-2021463.html

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