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21 janv. 2017

France : Les réacteurs nucléaires ont redémarré au détriment de la sûreté

Les réacteurs nucléaires ont redémarré au détriment de la sûreté
par Marie Astier (Reporterre)
18 janvier 2917

En raison de la vague de froid, la demande d’électricité est à son maximum, justifiant selon EDF, le redémarrage sans tarder de réacteurs inspectés par l’Autorité de sûreté du nucléaire. L’association l’Observatoire du nucléaire s’inquiète de cette célérité, selon elle au détriment de la sûreté. Elle a saisi la justice pour invalider trois remises en marche.

Actualisation - Le Conseil d’État, par une décision du 18 janvier 2017, rejette les requêtes de l’association Observatoire du nucléaire, qui contestait la légalité des autorisations de redémarrage des réacteurs nucléaires Dampierre 3, Gravelines 2 et Tricastin 3, délivrées par l’Autorité de sûreté nucléaire à EDF. L’Observatoire du nucléaire contestait le redémarrage de ces réacteurs dans lesquels ont été constatés des malfaçons (lire article ci-dessous). Dans sa décision, le juge des référés estime que EDF a pris les précautions nécessaires et en particulier « des mesures conservatoires d’exploitation visant à réduire le risque de rupture brutale en réalisant des modifications de l’exploitation réacteurs ».

Pour faire face à la vague de froid, a-t-on redémarré certains réacteurs nucléaires trop vite, faisant fi de la sûreté ? Météo France annonce – 6,4°C en moyenne ce mercredi en France métropolitaine, et le pic de 19 h devrait nécessiter l’appel d’une puissance de 95.000 mégawatts.

La demande en électricité est à son maximum, alors que cinq réacteurs nucléaires sont toujours à l’arrêt, contre un seul l’an dernier à la même période. Déjà en novembre, Réseau de transport d’électricité (RTE), qui est chargé d’assurer la fourniture de l’énergie en France, avertissait que la pointe serait « plus délicate à assurer que lors des hivers précédents, en raison de l’indisponibilité de plusieurs sites de production ».

En effet, de multiples arrêts de réacteurs nucléaires ont dû être programmés au cours de l’année 2016, après la révélation en avril, puis en juillet, de dizaines d’anomalies dans la conception des pièces équipant les réacteurs nucléaires. Reporterre vous a relaté en détail toute l’affaire. Après contrôle, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) autorise EDF à redémarrer les réacteurs les uns après les autres.

« Mais il y a eu des pressions sur l’ASN. Voyant venir la vague de froid, EDF a fait tout son possible pour faire redémarrer ses réacteurs le plus vite possible », dénonce Stéphane Lhomme, directeur de l’association Observatoire du nucléaire. Pour lui, les conditions de sûreté ne sont pas réunies et « un accident de type Fukushima est possible ».

C’est pourquoi son association a demandé à la justice de suspendre trois des autorisations de redémarrage de l’ASN, pour les réacteurs Dampierre 3, Gravelines 2 et Tricastin 3. Pourquoi ces trois-là ? « Parce que ce sont les premiers qui ont été autorisés à redémarrer », explique Stéphane Lhomme. Les référés-suspension ont été examinés par le Conseil d’État vendredi 13 janvier, qui devrait donner sa décision au plus tard ce mercredi.

Les pièces sur lesquelles des malfaçons ont été découvertes sont les générateurs de vapeur, situés dans le bâtiment réacteur. Pour ces pièces, l’IRSN (l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) explique qu’il y a « exclusion de rupture » : c’est-à-dire que les conséquences de leur défaillance seraient tellement grandes qu’elle n’est même pas prise en compte dans les scénarios de sûreté nucléaire.

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