Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

9 janv. 2017

L'hospitalisation des personnes électrosensibles : Témoignages : Extrait du Mémoire par Jonathan Rouzé

Nous partageons un extrait sur l'hospitalisation des personnes électrosensibles, tiré d'un Mémoire, "De la sensibilité à l’hypersensibilité électromagnétique, signal d’une défaillance sociale issue d’un « développement » technoscientifique?",  préparé sous la direction de Louise Vandelac, Guillaume Grandazzi et Frédérick Lemarchand, présenté et soutenu par Jonathan Rouzé. 

Texte intégral du Mémoire.
De la sensibilité à l’hypersensibilité électromagnétique, signal d’une défaillance sociale issue d’un « développement » technoscientifique? 

Université de Caen-Normandie Unité de formation et de recherche : Humanités et Sciences Sociales Master 2 de Sociologie, spécialité gouvernance des risques et de l’environnement 

Extrait pp. 16-18

B) Des sociétés inadaptées, couplées d’une incompréhension générale 

Un endroit particulièrement important à aménager serait les structures d’hospitalisation. En effet, il arrive qu’une personne intolérante aux champs électromagnétiques subisse une dégénérescence rapide suite à une forte irradiation. Cette dernière se retrouve alors dans une situation particulièrement délicate puisque les centres hospitaliers, dotés d’appareils électromédicaux nécessaires pour mesurer par exemple la température, la pression artérielle ou le rythme cardiaque, ne font qu’empirer son état : 

« J’enflais à l’hôpital parce qu’à l’hôpital il y a beaucoup d’ondes électromagnétiques donc j’enflais, j’avais des rougeurs. » 
- Mathilde (électrohypersensible) 21.08.2016 (Montréal, via l’application Skype) 

« En fait ce qui est arrivé, c’est que le Wifi a comme ajouté au déjà trop-plein que j’avais dans mon cas. Trop plein d’irradiations d’accumulées. Puis ça a fait comme… c’est le déclenchement de tout ! … J’étais en convulsion, j’étais incapable de maîtriser tous les mouvements de mon corps. Mais j’étais éveillée ! […] Et lorsque je suis rentrée à l’hôpital, bon moi j’ai vu deux cardiologues. C’était très drôle parce que moi, j’ai une formation en technique médicale d’urgence, j’ai déjà été ambulancière. Donc je les écoutais parler par rapport à mon électrocardiogramme, puis je comprenais ce qu’ils disaient. Mon cœur était devenu électriquement indéchiffrable, c’est bien mentionné dans mon rapport. » 
- Audrey (électrohypersensible) 22.08.2016 (Montréal, par téléphone) 

« Je sais pas exactement ce qu'il se passe parce que je n'ai pas confiance aux médecins, je veux pas... puis je ne peux pas aller dans les hôpitaux, les hôpitaux tu sais que ce sont les plus grands locataires d’antennes relais au Québec. Tu sais je me bats, je me bats, je me bats mais pas dans la filière médicale traditionnelle parce que eux, j'ai très peur. Puis j'ai peur qu'ils me forcent à prendre des médicaments qui vont me rendre encore plus malade. J'ai peur qu'ils m'enferment, j'ai peur qu'ils me forcent à rester à l’hôpital. Ça va me tuer littéralement, je peux pas, c'est bien de trop électro pollué dans un hôpital. L'année dernière j'étais barrée, je pouvais pas bouger, et à un moment donnée je me disais : « je vais appeler le 911 », ben non. Faire un tour en ambulance avec les terrawave, oublie ça. » 
- Pauline (électrohypersensible) 26.08.2016 (Montréal, par téléphone) 

« Je me suis ramassée aux urgences… parce que j’avais tout le coté du visage complètement gelé ! Ils m’ont dit : « vous avez probablement fait, possiblement fait une ischémie cérébrale transitoire ». Mais les tests étaient tous négatifs et moi je me suis dit : « non, c’est pas ça c’est pas vrai ». Parce que j’avais eu des engourdissements déjà depuis des mois du côté droit… » 
- Annie (électrohypersensible) 16.08.2016 (À proximité de Dunham) 

Si dans le deuxième cas, les cardiologues étaient confrontés à une situation d’incompréhension totale, il semblerait que l’ensemble du corps médical soit dans cette situation, excepté quelques consultants médicaux, ouverts et conscients de la problématique : 

« Puis mon médecin de famille : « vous savez Madame c’est controversé, il y a pas de preuves… » Donc ça ne donnait pas grand chose de s’adresser aux médecins. » 
- Annie (électrohypersensible) 16.08.2016 (À proximité de Dunham) 

« Les médecins, ils ont joué au ping-pong avec moi dans le sens que… Bon tel médicament, j’ai fait des réactions complètement hallucinantes. Et quand je contactais le médecin, il disait : « ben voyons, je t’ai donné le moins fort de ce qui existe sur le marché ! » »
- Audrey (électrohypersensible) 22.08.2016 (Montréal, par téléphone) 

« Bah oui parce qu’il le voyait, le médecin voyait mes symptômes. […] Oui j’ai été diagnostiquée assez facilement. […] Il a été au colloque du Dr Belpomme en Europe donc il connaissait. […] C’est bien qu’il renseigne les gens parce que les gens ici ne sont pas au courant de tout ça. » 
- Mathilde (électrohypersensible) 21.08.2016 (Montréal, via l’application Skype) 

« Quand je suis revenue, elle a posé le dossier que je lui avais laissé, du bout des doigts me disant : « vous savez Madame *****, c'est très controversé ce que vous dites ». […] Puis là j'ai répondu ce que je réponds toujours : « non excusez, c'est pas controversé, la controverse elle est créée de toute pièce par l'industrie pour semer la confusion, pour continuer à déployer ses technologies afin qu'on puisse plus faire le lien avec ses technologies et les maladies qui vont apparaître dans les prochaines années ». 
- Pauline (électrohypersensible) 26.08.2016 (Montréal, par téléphone) 

« Quand je lui ai parlé, ce qui est un peu plate, c’est qu’il m’a confirmé, il m’a dit : « Madame, ce dont vous me parlez, ce que je constate, je peux vous assurer que vous êtes électrohypersensible. Maintenant, je ne pourrais pas l’écrire, ou je vais l’écrire à demi-mot dans mon rapport ». Parce qu’il avait le collège des médecins sur le dos. […] Moi j’ai une femme médecin qui me suit et qui est très très ouverte ; puis elle m’a dit : « on a l’interdiction formelle de mentionner l’électrohypersensibilité ». Ce qui fait, c’est plate parce qu’on pourrait, comme dire, on pourrait avoir accès à des services d’aide gouvernementaux. Tu sais du genre pour les handicapés, pour une forme de handicap quelconque. Mais à cause de cette absence de diagnostic, on n’a même pas le droit à ça. » 
- Audrey (électrohypersensible) 22.08.2016 (Montréal, par téléphone)  

Si l’impact de la pollution électromagnétique sur les corps biologique s’avère exacte, il nous faudrait admettre notre retard conséquent en terme de structures et de soin de santé. Alors que controverse scientifique semble plutôt source d’une inaction générale, les personnes intolérantes à l’irradiation actuelle, qui devraient être un signe conséquent pour adopter une forte précaution, se retrouvent seules vis à vis de leur situation.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire