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27 janv. 2017

Suisse : Le syndicat Unia veut préserver les nerfs des travailleurs

Vania Alleva s'inquiète d'une déréglementation de la loi
sur le travail.  
Image:  Jean-Paul Guinnard
«Les ports de charges ont diminué notamment grâce à la mécanisation et l’automatisation, mais, dans le même temps, les machines vont plus vite. Avec la pression du rendement, les critères de production et de contrôle de qualité, ainsi que les nouvelles technologies de communication et d’information (e-mail, smartphone par ex.), le stress a plutôt tendance à augmenter.»

Le syndicat Unia veut préserver les nerfs des travailleurspar Florent Quiquerez, Tribune de Genève, 
17 janvier 2017

Santé : Leur propre sondage révèle l’étendue du stress professionnel. Le syndicat exige la fin des attaques contre la loi sur le travail.

«Le stress est la nouvelle maladie des bureaux.» Tels sont les mots de Nathalie Imboden, membre de la direction du secteur tertiaire d’Unia. C’est elle qui a commenté lundi les résultats d’un sondage mené par le syndicat sur le stress au travail. Le tableau est plutôt sombre: 70% des participants se sentent sous pression. Des personnes démotivées, exténuées, nerveuses ou encore physiquement affaiblies.

«Les situations de stress peuvent engendrer davantage d’accidents, reconnaît Jacques-François Holtz, médecin du travail à la Suva. Il peut par exemple en résulter des troubles du sommeil qui conduisent à une baisse de l’attention. Le burnout, la dépression ou les troubles musculo-squelettiques peuvent aussi trouver leur origine dans le stress, même s’ils ne sont pas reconnus en Suisse comme des maladies professionnelles.»

Le stress au travail a-t-il augmenté ces dernières années? «Les ports de charges ont diminué notamment grâce à la mécanisation et l’automatisation, mais, dans le même temps, les machines vont plus vite. Avec la pression du rendement, les critères de production et de contrôle de qualité, ainsi que les nouvelles technologies de communication et d’information (e-mail, smartphone par ex.), le stress a plutôt tendance à augmenter.»

5,7 milliards

Le stress et les maladies qui en résultent ne causent pas seulement de la souffrance humaine, mais coûtent aussi aux employeurs. Citant une autre étude «Job Stress index 2016», Christine Michel, spécialiste de la protection de la santé chez Unia avance le chiffre de 5,7 milliards par an sous forme de perte de productivité liés aux problèmes de santé.

Pourtant des solutions existent. «Il y a des programmes de réduction du stress dans les entreprises, explique Brigitta Danuser, directrice de l’Institut universitaire romand de santé au travail. Ils passent par une augmentation de la marge de manœuvre au travail avec plus de pauses, de flexibilité, un soutien de la part des collègues ou de la hiérarchie, des tâches claires et un meilleur style de conduite. Il faut que les autorités appliquent une politique antistress claire; et surtout, se donnent les moyens de la contrôler.»

Davantage de contrôles, c’est aussi ce que recommande Unia, mais pas seulement. Le syndicat s’appuie sur ce sondage pour s’opposer à deux initiatives parlementaires qui visent à assouplir la législation en matière de saisie et de durée du temps de travail. «Toutes deux cherchent à vider de leur substance les dispositions relatives au temps de travail et constituent à ce titre une attaque directe contre la protection de la santé des salariés», tonne Vania Alleva, présidente d’Unia.

Modernisation

Auteure d’un des deux textes, Karin Keller-Sutter (PLR/SG) se défend. «Il faut moderniser la loi sur le travail héritée en partie de l’ère industrielle. Elle ne correspond plus à la situation actuelle de nombreux travailleurs. Il nous faut une législation moderne qui s’applique aux besoins réels de l’économie.» Concernant le risque de générer davantage de stress, elle rappelle que depuis 2016 les cadres qui touchent plus de 120'000 francs par an et qui sont au bénéfice d’une convention collective de travail ne sont plus obligés d’inscrire leurs heures. «Cela signifie qu’ils seraient moins stressés que les autres?»

Piqué au vif, Vania Alleva rétorque. «Cette exception était un compromis. Aujourd’hui, on veut aller beaucoup plus loin. Si elles sont acceptées, ces initiatives pourraient concerner plus de la moitié des travailleurs. Ça va vraiment trop loin.» (TDG)

http://www.tdg.ch/economie/syndicat-unia-veut-preserver-nerfs-travailleurs/story/26102014

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