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3 févr. 2017

Les seniors aussi risquent l'addiction à la Toile

Les seniors aussi risquent l’addiction
par Pascale Bieri, Le Matin, 3 février 2017

Internet : Des chercheurs genevois lancent une grande enquête pour savoir ce que les plus de 60 ans font sur le Web. Et si, comme les ados, ils peuvent en devenir dépendants.

Si les jeunes délaissent Facebook, au profit d’autres réseaux sociaux, c’est l’inverse pour les aînés, qui, eux, y sont toujours plus présents. Jusqu’à devenir addict?

Pour la première fois, une étude se penche sur la question. Menée, en parallèle, par des chercheurs des HUG, de l’Université de Genève et celle de Kazimierz Wielki, en Pologne, elle a pour objectif de déterminer, plus précisément, quel est l’usage que les plus de 60 ans font d’Internet et si, comme d’autres catégories d’âge, ils développent des addictions à la Toile.

«Des telles investigations n’ont jamais été menées, explique la Dr Sophia Achab, responsable du programme concernant les addictions sans drogues aux HUG. Or différents facteurs, comme l’isolement social, le temps libre important à disposition ou encore différents troubles cognitifs neurologiques ou psychiatriques pourraient favoriser un tel phénomène chez certains seniors.»

À titre de comparaison, on chiffre à 24,9%, les jeunes de 15 à 19 ans accros au Web et à 8% les 25 à 34 ans. Quant aux aînés, on sait déjà qu’ils sont toujours plus nombreux à surfer après 65 ans. Selon une étude mandatée par Pro Senectute, leur nombre a augmenté de 47% entre 2010 et 2015. Ce qui faisait 56% d’aînés utilisant le Web durant cette période. Mais c’est sans doute bien plus aujourd’hui.

Lister les centres d’intérêt

Alors, qu’y font-ils? Cherchent-ils des informations médicales, essaient-ils de développer de nouvelles relations, notamment par le biais des sites de rencontre, jouent-ils? Autant de questions, qu’entend combler l’enquête, dirigée par Sophia Achab, qui ajoute: «Sporadiquement, nous sommes contactés par des personnes victimes d’escroquerie sur Internet. Là, non plus, nous ne savons pas s’il s’agit de cas isolés ou plus fréquents.»

L’autre grand versant de l’enquête, c’est donc les heures passées sur Internet. «Quand on y consacre trop de temps, et qu’on devient addict, cela peut être au détriment du sommeil ou de l’alimentation… Il y a aussi des risques financiers avec les jeux d’argent, ou les achats compulsifs. On sait par ailleurs, qu’il y a un lien entre les addictions au Web et celle aux substances comme l’alcool ou le cannabis chez les ados… On ne sait pas s’il peut en être de même chez les plus de 60 ans», ajoute la doctoresse.

Quant à l’intérêt de mener conjointement cette étude en Suisse et en Pologne, il est de savoir «si entre deux cultures différentes, les comportements sont identiques.»

Les résultats devraient être publiés en fin d’année. D’ici là, toute personne de plus de 60 ans vivant en Suisse romande et adepte du Net est invitée à participer à l’enquête. Il faut compter environ une demi-heure pour répondre aux questions.

http://www.amge.ch/2017/02/03/les-seniors-aussi-risquent-laddiction/

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