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23 févr. 2017

Pourquoi les risques de l'électrosmog ne sont-ils toujours pas reconnus?

Pourquoi les risques de l'électrosmog ne sont-ils toujours pas reconnus?

Extrait de l'article d'Olivier Cachard, professeur de droit à la faculté de Nancy, Institut François-Gény, paru dans "Le Monde Diplomatique" de février 2017. Le professeur Cachard est également avocat et auteur de l'ouvrage "Le Droit face aux ondes électromagnétiques", LexisNexis, Paris, 2016.

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi la science et les autorités traînent à reconnaître les risques de la pollution électromagnétique.  Le texte suivant est tiré de son article.

Les citoyens aspirent à ce que les choix politiques relatifs à l'environnement et à la santé soient débattus sur la base d'une information honnête et vérifiée. Or, à ce jour, trois obstacles ralentissent l'émergence d'un consensus sur la nocivité des ondes électromagnétiques. Le premier est la fragmentation des disciplines scientifiques concernées. L'étude des ondes appartient au domaine de la physique, mais celle de leurs effets sur le corps humain relève à la fois de spécialités médicales (neurologie, médecine interne, immunologie, génétique, épigénétique...) et de spécialités de la biologie. La constitution de réseaux internationaux de chercheurs, avec, par exemple, la publication des études de référence du réseau BioInitiative, permettra de surmonter cette difficulté.

Deuxième obstacle: le franchissement des étapes de la preuve scientifique. Au lien associatif entre l'exposition et la maladie doivent succéder les études toxicologiques, puis les études biologiques. Or l'extension des réseaux de téléphonie mobile et l'essor des objets connectés étant encore récents, peu d'études ont pour le moment été conduites sur une exposition de longue durée.

Troisième obstacle, enfin: les conflits d'intérêts qui entachent la recherche dite "fondamentale". Certaines équipes françaises ou étrangères reçoivent le soutien direct ou indirect (à travers des fondations-écrans) de grands opérateurs de la société de l'information. Cela peut conduire, non pas à une falsification directe des résultats, mais, plus subtilement, à l'introduction d'un biais dans l'hypothèse de recherche, ou à une orientation partisane des méthodes employées. En témoigne le très faible nombre d'études consacrées aux effets biologiques de l'exposition de longue durée, qui sont potentiellement les plus sérieux, par contraste avec l'effet thermique de l'exposition de courte durée — qui réchauffe les tissus —, dont il est admis qu'il est très limité. La recherche scientifique n'est pas toujours poursuivie pour elle-même ou dans l'intérêt général; des groupes d'intérêts qui la perçoivent comme un facteur de légitimation tentent de l'accaparer.

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