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23 mars 2017

La Suisse n’adopte pas les règles aériennes de Trump

Image : AP
La Suisse n’adopte pas les règles aériennes de Trump
par Philippe Rodrik, Tribune de Genàve, 
22 mars 2017

Economie :  Berne et Berlin n’interdisent pas les ordinateurs dans les cabines de certains long-courriers. Paris réfléchit.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont décidé mardi d’interdire l’embarquement de divers objets électroniques à bord de long-courriers, en provenance de Turquie et de plusieurs pays arabes: huit pour Washington, cinq pour Londres. L’entrée en force de ces nouvelles règles devrait commencer en fin de semaine.

Pour l’heure, la Suisse a décidé de ne pas adopter des mesures similaires. «Les mesures de sécurité aérienne sont néanmoins examinées de façon permanente et adaptées en cas de nécessité. Afin d’évaluer la situation et son évolution, nous restons en contact étroit avec les autorités du pays et nos partenaires internationaux», relève la porte-parole de l’Office fédéral de l’aviation civile, Nicole Räz. Un renforcement des contrôles usuels, sur les appareils électroniques, n’est pas non plus exclu dans les aéroports suisses.

Détails pratiques

Bref rappel des nouvelles règles de sécurité dans le transport aérien, annoncées mardi par le gouvernement états-unien, puis rapidement imitées, au moins en partie, par la Grande-Bretagne: les appareils électroniques d’une longueur de plus de 16 centimètres, d’une largeur de plus de 9,3 centimètres et d’une épaisseur de plus de 1,5 centimètre ne sont désormais plus admis dans les bagages à main de voyageurs embarquant sur certains long-courriers.

La liste des appareils visés ne se limite de loin pas aux seuls ordinateurs portables et tablettes. Elle comprend aussi les liseuses, les consoles de jeux, les lecteurs de DVD et de nombreux appareils photographiques. Les autorités britanniques et américaines redoutent que ces objets permettent de dissimuler des explosifs.

A l’heure actuelle Berne ne semble toutefois pas convaincue par la pertinence de les interdire à bord des cabines. L’Allemagne non plus. «Une analyse du risque est actuellement effectuée par les services compétents en matière de sûreté aérienne. Des discussions interministérielles sont aussi en cours. Celles-ci détermineront si des mesures sont prises ou non», indique pour sa part la Direction générale de l’aviation civile française.

Dans ce contexte, Swiss International Air Lines Ltd s’empresse d’informer ses passagers: «Les mesures d’interdiction annoncées par les autorités américaines et britanniques, portant sur des engins électroniques dans les bagages à main, ne concernent aucun de nos vols.»

Son grand rival de Genève Aéroport, EasyJet, fait bien sûr partie des transporteurs britanniques touchés par les nouvelles règles de sécurité, à l’instar de Thomas Cook Airlines, Thomson Airways, Jet2.com et Monarch Airlines. «Mais seuls les passagers de nos vols reliant le Royaume-Uni à la Turquie et à l’Egypte sont concernés», précise EasyJet. Nombre d’usagers des aéroports suisses sont ainsi un brin rassurés. Notamment ceux empruntant la route Genève-Hurghada.

Selon la chaîne de télévision CNN, citant mercredi un responsable de l’administration de Donald Trump, plusieurs raisons expliqueraient les mesures préventives mises en œuvre en ce moment: «L’examen de divers renseignements indique que des groupes terroristes continuent de viser le transport aérien. Ils cherchent en plus de nouvelles méthodes pour perpétrer leurs attentats. Par exemple en dissimulant des explosifs dans des biens de consommation.» La Maison-Blanche évoque en outre une menace émanant d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique, la branche yéménite du groupe djihadiste.

«Absurdité majeure»

Ces éléments ne suscitent pas pour autant l’unanimité dans le monde du transport aérien. Des autorités de contrôle trahissent quelques divergences de vues sur les risques évoqués cette semaine par Washington et Londres. Et plus encore sur les moyens de les prévenir.

«L’absurdité majeure des nouvelles mesures réside dans le fait que les éventuels terroristes récupéreront leurs ordinateurs après un atterrissage outre-Atlantique, puis continueront de voyager aux Etats-Unis avec l’appareil tant redouté dans leur bagage à main», relève Pierre Condom, expert aéronautique indépendant. (TDG)

http://www.tdg.ch/monde/suisse-adopte-regles-aeriennes-trump/story/27184363

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