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16 juin 2017

Suisse : Valais : La réalité virtuelle au service des élèves

Grâce à leur casque, les élèves de l'Ecole Ardévaz (ici en
cours avec leur directeur, Alexandre Moulin) ont été
transportés en plein Parlement cantonal, où ils ont pu
écouter le conseiller national Mathias Reynard.
La réalité virtuelle au service des élèves
par Melina Schröter, Le Matin, 13 mai 2017

Une école valaisanne emploie la nouvelle technologie pour immerger les élèves au coeur des notions qu’ils apprennent.

Sur le classique tableau noir, Alexandre Moulin, craie blanche à la main, décrit la séparation des pouvoirs du système suisse. Face à lui, des élèves plus ou moins attentifs, plus ou moins intéressés. Puis, une fois la théorie énoncée, l’enseignant et directeur de l’École Ardévaz de Sion (VS) passe la parole au conseiller national Mathias Reynard, qui se trouve… au Parlement cantonal. Et les élèves avec lui! L’école privée du secondaire II a en effet décidé cette année d’utiliser la réalité virtuelle pour transporter ses étudiants au coeur même des notions qu’ils apprennent.



«On aime beaucoup tout ce qui est nouvelles technologies. Il y a cinq ans que les tablettes ont été introduites à l’école et la communication avec les élèves se fait via des groupes WhatsApp, explique le directeur. C’est important d’utiliser les outils qui font partie du quotidien des jeunes, ils sont vraiment preneurs de ce genre de démarche. Dans le secondaire II, l’enseignement est très théorique. On transmet des notions mais sans pouvoir montrer concrètement à quoi elles s’appliquent et à quoi elles servent. Grâce à la réalité virtuelle, on peut le faire.»

À ce jour, l’école travaille sur une quinzaine de capsules, dans des matières aussi variées que la physique, le civisme ou la littérature. Dans cette dernière branche par exemple, les élèves commencent par une présentation «classique» d’un poème de Prévert avant d’être transportés au théâtre, où une comédienne lui donne vie. «On peut bien sûr les emmener au théâtre en vrai. Mais c’est peut-être une ou deux fois par année. Là ils peuvent vivre le texte.» Le cours sur l’énergie est, lui, l’occasion d’une visite virtuelle au coeur de l’usine d’électricité de Saint-Léonard et les notions d’optique paraissent moins abstraites quand un opticien accueille la classe «dans» son atelier pour une démonstration.

Idéal pour rattraper des cours

Pour l’heure, l’école crée ellemême ses capsules à l’aide d’une caméra à 360 degrés et les propose librement sur YouTube. Alexandre Moulin espère ainsi convaincre d’autres établissements de franchir le pas afin de pouvoir partager des contenus à moindre coût. «Les géants comme Google ou Apple travaillent déjà sur la réalité virtuelle appliquée à l’éducation. Il existe des contenus incroyables qui vous immergent dans un pays lointain ou une époque historique. Mais le problème est que cela coûte très cher et tout est majoritairement en anglais. Si d’autres écoles se mettent à créer du contenu, on pourrait le mettre en réseau.» L’autre avantage de ces capsules proposées via YouTube, c’est la possibilité pour les élèves de rattraper des cours qu’ils auraient ratés, ce qui est régulièrement le cas à Ardévaz, dont plusieurs étudiants sont des sportifs d’élite.

Des étudiants qui, pour la plupart, ont découvert la réalité virtuelle grâce à son introduction à l’école. «On s’est dit tout de suite que ça pourrait être intéressant», témoigne Estelle, qui n’avait jamais testé auparavant. «Et effectivement ça donne envie d’apprendre.» Un avis partagé par Patrick, dont l’expérience en matière de réalité virtuelle se limitait jusque-là aux jeux vidéo. Myriam, également novice en la matière, apprécie de pouvoir revoir la capsule à la maison. «Le professeur explique une fois et on n’a pas forcément toujours compris. Alors on peut regarder de nouveau chez soi.» Une matière en particulier qui tire bénéfice de son passage au virtuel? «La physique, répond immédiatement Yohann. En allant chez un opticien, c’est beaucoup plus intéressant que la théorie.»

«Vraie valeur ajoutée»

Mais, au fond, pourquoi pas de simples vidéos plutôt que la réalité virtuelle? «Avec ce casque, on est totalement immergé dans un environnement, explique Alexandre Moulin. Notre cerveau est concentré sur ce qu’il «voit», sans interférences. C’est une vraie valeur ajoutée au cours dispensé par l’enseignant.» Une valeur ajoutée sans prix exorbitant puisque, à côté de quelques casques perfectionnés, l’école a investi dans des masques de réalité virtuelle en carton valant quelques francs.

https://www.pressreader.com/switzerland/le-matin/20170513/281496456206958

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