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27 juil. 2017

Le sperme des Occidentaux continue à perdre en qualité et en quantité

La concentration en spermatozoïdes du sperme a baissé de
52,4% entre 1973 et 2011.  RelaxNews/ bluecinema/
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Le sperme des Occidentaux continue à perdre en qualité et en quantité
ladepeche.fr, 26 juillet 2017

La concentration en spermatozoïdes du sperme a baissé de 52,4 % entre 1973 et 2011 chez les hommes occidentaux tandis que la quantité totale de sperme a chuté de 59,3 %, selon une méta-analyse publiée par la revue Human Reproduction, scrutant 50 pays.

Le déclin du sperme et de sa qualité dans le monde n'est pas nouvelle mais ce qui alarme les auteurs de ces nouveaux travaux, publiés dans Human reproduction, est que cette tendance continue à s'accentuer, principalement aux Etats-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Europe.

Pour arriver à cette conclusion, des équipes de chercheurs internationaux (israéliens, américains, brésiliens, danois et espagnols) se sont basés sur 7.518 études, dont ils ont extrait 185 travaux portant sur 42.935 hommes-dont le sperme a été prélevé entre 1973 et 2011- sélectionnés en fonction de leur âge, leur période d'abstinence, leur pays d'origine, indépendamment de leur fertilité.

D'après les résultats, la concentration en spermatozoïdes du sperme a baissé de 52,4 % entre 1973 et 2011 chez les hommes occidentaux tandis que la quantité totale de sperme a chuté de 59,3 %.

Le nombre de spermatozoïdes moyen observé est de 81 million/ml, tout pays confondu. Ce chiffre reste cependant dans la norme fertile de l'OMS qui estime qu'il faut un taux supérieur à 15 millions/ml pour concevoir un enfant.

Selon les spécialistes, le phénomène pourrait être lié aux perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques comme les pesticides, qui dérèglent le système hormonal. Autres hypothèses, les produits utilisés dans les plastiques et les cosmétiques ou encore l'obésité, la sédentarité, le stress et le tabagisme qui pourraient également avoir un effet néfaste sur la fertilité.

Pour les auteurs de l'étude, il y a urgence à examiner les causes de ce déclin pour prévenir l'infertilité masculine et au delà préserver la santé des populations, étant donné qu'une concentration diminuée en spermatozoïdes est associée à des taux de morbidité et de mortalité plus élevés.

Le fait que l'on observe ce déclin dans des pays Occidentaux, contrairement à l'Asie, l'Afrique ou les pays d'Amérique du Sud, suggère fortement que les produits chimiques jouent un rôle de cause à effet, soulignent les auteurs de l'étude.

Une enquête, publiée en 2012 dans Human reproduction, consacrée exclusivement aux hommes Français (26.606 participants âgés de 35 ans) montrait que la concentration en spermatozoïdes du sperme avait baissé d'un tiers entre 1989 et 2005. Une baisse continue, de l'ordre de 1,9% par an, aboutissant à une réduction totale de 32,2% au bout de 17 ans du suivi.

Toujours selon cette enquête, chez un homme de 35 ans, le nombre de spermatozoïdes est passé de 73,6 million/ml à 49,9 million/ml en moyenne en 17 ans.

Pour consulter l'étude : https://academic.oup.com/humupd/article-lookup/doi/10.1093/humupd/dmx022

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