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29 juin 2018

[Communiqué] Appel au retrait de plus de 250 modèles de téléphone portable en France, en Europe et à l’International

[Communiqué] Appel au retrait de plus de 250 modèles de téléphone portable en France, en Europe et à l’International
phonegatealert.org, 29 juin 2018

Notre point de presse s’est tenu le jeudi 28 juin 2018 à Paris. Le Dr Marc Arazi, Président de l’ONG Alerte Phonegate, entouré de deux membres du comité scientifique, le Dr Devra Davis (USA), présidente de l’ONG Environmental Health Trust et le Dr Annie Sasco, ancienne directrice d’une Unité de recherche du CIRC-OMS, y ont lancé un appel pour le retrait de millions de téléphones mobiles à risques pour la santé des utilisateurs et plus particulièrement des enfants.

Le Dr Arazi a brièvement rappelé les étapes importantes qui ont jalonné l’alerte lancée en juillet 2016. Puis il a présenté l’association tout récemment créée à son initiative en mars 2018, son objet à vocation internationale ainsi que la composition du comité scientifique, dans lequel se retrouvent quelques unes des personnalités de renom internationales qui étudient les liens potentiels des ondes électromagnétiques avec la santé.



Dans ce contexte de reconnaissance de l’action de notre association, le Dr Arazi a écrit de manière argumentée le lundi 25 juin 2018 aux ministres Nicolas Hulot, Agnès Buzyn et Bruno Le Maire afin de leur demander de prendre urgemment plusieurs décisions essentielles pour protéger la santé des utilisateurs de téléphones mobiles, et à savoir tout particulièrement :

Le rappel de plus de 250 modèles de téléphones mobiles parmi les plus vendus sur le marché français, qui doivent soit être retirés du parc en activité par une procédure d’échange gratuit, soit faire l’objet d’une mise à jour logicielle ou matérielle gratuite par le fabricant.

Ci-joint, la liste extraite des données du site Open Data (https://data.anfr.fr/) de l’Agence nationale des fréquences (ANFR). Elles récapitulent les marques et modèles des téléphones portables testés entre 2012 et 2017 qui présentent, selon nous, un risque potentiel pour la santé des utilisateurs. Cela concerne des millions de téléphones portables entre les mains d’utilisateurs français et des centaines de millions de téléphones portables utilisés par les populations de l’Europe et du reste du monde.

Les récents retraits et mises à jour opérés par l’ANFR (Hapi 30 d’Orange, Neffos X1 TP902 ), sous la pression de notre action, sont certes une avancée, mais sont totalement insuffisants et montre de la part des pouvoirs publics une non volonté de se saisir sérieusement de cet enjeu de santé publique : « les ministres concernés ne devraient pas se retrancher derrière une « pseudo conformité » pour des téléphones mobiles à risques qui ont été vendu aux utilisateurs dans le cadre d’une réglementation totalement défaillante au seul profit des industriels et au détriment de notre santé » fait remarquer avec force le Dr Arazi.

De son côté le Dr Annie Sasco a rappelé sur quelles bases le CIRC avait correctement classifié en 2011 les champs électromagnétiques radiofréquences comme relevant du groupe 2B des cancérogènes possibles pour l’être humain. Depuis 2011, de nouvelles études épidémiologiques (Céphalo, CERENAT) ont confirmé le risque accru de tumeurs du cerveau pour les personnes les plus exposées (utilisation intense du téléphone, longue durée en termes d’années d’utilisation, avec un sur-risque pour les personnes ayant commencé l’usage du téléphone à un âge précoce, et aussi un sur-risque pour les zones du cerveau les plus exposées, notamment du côté habituel d’utilisation du téléphone).

De plus, deux études expérimentales menées sur des rats et des souris ont considérablement renforcé l’évidence de cancérogénicité chez l’animal de laboratoire (étude NTP du NIEHS aux Etats-Unis d’Amérique et étude Ramazzini en Italie). Ceci permettra après la publication d’une étude cruciale sur téléphones mobiles et tumeurs du cerveau chez les enfants, adolescents et adultes jeunes, l’étude Mobi-kids, de demander au CIRC de reconsidérer la classification des RF-CEM…

A la suite, le Dr Devra Davis complète concernant les risques spécifiques pour les enfants et les jeunes : « Mes recherches et les travaux de dizaines d’autres scientifiques montrent que le sperme est endommagé par le rayonnement des téléphones mobiles. La clinique de Cleveland conseille aux hommes qui veulent devenir pères de sortir le téléphone de leur poche. L’État de Californie dit aussi que les gens devraient garder les téléphones hors du corps. ».

Les dernières études menées par Claudio Fernandez, scientifique de l’Environmental Health Trust et d’autres confirment que le rayonnement du téléphone mobile pénètre deux fois plus profondément dans le cerveau d’un enfant que dans celui d’un adulte et dix fois plus dans la moelle osseuse.

Des études qui simulent la réalité virtuelle avec des smartphones tenus devant le lobe frontal et les yeux montrent également que les expositions dans les yeux et l’hippocampe d’un enfant dépassent largement celles d’un adulte. Aucune de ces expositions n’a jamais fait l’objet d’une évaluation de ses effets sur la santé.

Une nouvelle publication de Claudio Fernandez et ses collègues de l’EHT dans la revue Environmental Research confirme également que la réalité virtuelle utilisant un smartphone libère 20 fois plus de rayonnement micro-ondes dans l’hippocampe de l’enfant que dans l’hippocampe de l’adulte ; c’est la partie du cerveau essentielle à la mémoire, au contrôle des impulsions et à la fonction exécutive.

Nous exposons nos enfants à un risque en les exposant à un rayonnement micro-ondes qui n’a jamais été testé pour des impacts à long terme. De plus, il s’agit d’une expérience sans contrôles. L’American Academy of Pediatrics a publié des déclarations informant les parents qu’aucun enfant de moins de deux ans ne devrait passer du temps devant un écran. »

https://www.phonegatealert.org/2018/06/29/communique-appel-au-retrait-de-plus-de-250-modeles-de-telephone-portable-en-france-en-europe-et-a-linternational/

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