Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

13 juil. 2018

Suisse : La Tour-de-Peilz : Levée de boucliers contre une antenne de téléphonie

Levée de boucliers contre une antenne de téléphonie
Par Karim Di Matteo, 24heures.ch, 13 juillet 2018

Les deux fer-de-lance de la fronde contre l'antenne de Salt
à La Tour-de-Peilz:  Annick Bally (à g.) et Nathalie Christe.
Image:  Vanessa Cardoso
La Tour-de-Peilz : Après les cas d’Orbe et de Bex, près de 500 opposants ont sanctionné la mise à l’enquête d’un mât de l’opérateur Salt prévu à Vassin 40.

La montée aux barricades contre le projet d’antenne de téléphonie mobile de l’opérateur Salt sur le toit du bâtiment du chemin de Vassin 40 a fait mouche à La Tour-de-Peilz. Quelque 500 signataires, dont les 385 regroupés en une opposition collective, ont sanctionné la mise à l’enquête fin juin.

Deux habitantes du quartier ont permis ce score impressionnant: Nathalie Christe, mandataire de l’opposition collective, et Annick Bally. Cette dernière, habitante du bâtiment visé, est tombée des nues en apprenant le projet par hasard. «Nous aurions apprécié un mot du propriétaire ou de la gérance», lance-t-elle, amère. «Dans un quartier d’habitations très dense, l’antenne serait à proximité immédiate de la Garderie du Parc et de deux unités d’accueil de la petite enfance», ajoute Nathalie Christe. «Il y a déjà plusieurs antennes dans un périmètre proche, quelle utilité à une nouvelle antenne?» reprend Annick Bally. Pour les deux opposantes, la réponse est claire: «Émettre dès que possible de la 5G, une technologie dont on ne sait rien, même si Salt annonce une antenne 4G+».

Benjamin Petrzilka, porte-parole de Salt, argumente: «Actuellement la quantité de données transmises sur les réseaux mobiles en Suisse double tous les 9-12 mois. Ces tendances expliquent la forte demande pour de nouveaux projets là où les utilisateurs passent la majorité de leur temps, notamment dans les zones résidentielles.» Selon lui, le potentiel de débit de données maximal avec la nouvelle antenne sera multiplié par trois.

Un spécialiste à l’aide

Pour être mieux armées, Nathalie Christe et Annick Bally ont contacté le juriste Léon Warnier, qui a rédigé le texte très pointu de l’opposition collective. L’habitant d’Orbe s’était déjà montré très incisif dans un dossier du même ordre dans sa commune, où la Municipalité a refusé le permis de construire. L’affaire se réglera devant la justice. À Bex, ils sont une quarantaine à s’être opposés en février à une antenne du même opérateur sur l’Hôtel du Cèdre.

Diagnostiqué électrohypersensible, Léon Warnier considère beaucoup trop élevées les valeurs limite tolérées par l’ordonnance fédérale sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI): «Je demande aux autorités de ne pas les augmenter et de ne pas modifier leur mode de calcul, comme le demandent les opérateurs. Selon l’Académie européenne de médecine environnementale, les 5 volts par mètre autorisés en l’espèce par l’ORNI sont de 25 à 250 fois trop élevés pour protéger la population. Je ne suis pas contre la téléphonie mobile, mais pour une téléphonie mobile avec de véritables garde-fous.»

«De manière générale, la Suisse connaît une réglementation particulièrement stricte, rétorque Benjamin Petrzilka. La protection par l’ORNI prévoit que l’intensité du rayonnement ne peut atteindre qu’un dixième par rapport à celle permise dans la plupart des autres pays.»

À la Municipalité de trancher

La balle est dans le camp de la Municipalité de La Tour-de-Peilz qui attend de traiter les oppositions. Soit elle les lèvera, soit elle refusera le permis d’implantation. Deux élus du parti La Tour-de-Peilz/PBD se sont fait les porte-parole des opposants au dernier Conseil communal en reprenant leurs arguments. Parmi eux, Michael Rohrer, médecin de son état: «Sur le plan médical, le rayonnement de ces antennes a des effets connus: maux de tête, nausée, perturbations du sommeil ou visuelles, etc. Les effets sanitaires spécifiques à l’exposition aux rayonnements de la future 5G n’ont par ailleurs pas été suffisamment étudiés. Le principe prudentiel doit prévaloir.»

L’élu fait également remarquer que la demande de permis de Salt fait actuellement référence à un règlement datant de 1972, un temps où la téléphonie mobile relevait de la science-fiction. Or, le tout nouveau règlement du plan général d’affectation est plus à jour. Le syndic Alain Grangier rassure: «La Municipalité appliquera le cadre le plus restrictif.» (24 heures)

https://www.24heures.ch/vaud-regions/riviera-chablais/levee-boucliers-antenne-telephonie/story/17502303

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire