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10 mai 2018

Comment les Suisses peuvent-ils utiliser tant de plastique et en recycler si peu?

Voici les plastiques qui ont atterri dans la poubelle de
l'auteur de cet article en un mois.  Moins de la moitié est
recyclable. 
(swissinfo.ch)
Comment les Suisses peuvent-ils utiliser tant de plastique et en recycler si peu?
Par Susan Misicka, swissinfo.ch, 2 mai 2018

Les Suisses consomment trois fois plus de plastiques que les autres pays européens, mais en recyclent 30% de moins. Les différentes interdictions touchant ce matériau dans l’Union européenne et en Chine pourraient changer la donne.

Les Suisses manifestent un appétit considérable pour les matières plastiques. Chaque année, leur pays génère près de 100 kilos de déchets plastiques par habitant. C’est plus de trois fois la moyenne européenne.

Les emballages jetables représentent plus de 75% du million de tonnes de plastique consommé chaque année en Suisse. La Suisse a cessé de stocker ses déchets dans des décharges en l’an 2000. Par conséquent, ce qui n’est pas recyclé est incinéré pour produire de l’énergie. Les Suisses se demandent maintenant s’il est plus sensé de recycler ces emballages ou de les brûler.

Selon un rapport de PlasticsEuropeLien externe, l’Association qui représente les producteurs européens de matières plastiques, la Suisse recycle environ 25% de ses déchets de cette nature. Elle arrive ainsi loin derrière la Norvège et la Suède qui en recyclent plus de 40%. Ce taux est supérieur à 35% en Allemagne, en République tchèque, en Irlande et en Espagne.

Inaction

Pour réduire la pollution par les plastiques, de nombreux pays africains, la France et le Bangladesh ont interdit l’utilisation des sacs plastiques dans le commerce. D’autres, comme la Grande-Bretagne, les soumettent à une taxe. Dès cet été, les micro-billes exfoliantes de polyéthylène contenues dans des produits tels que les dentifrices ou les cosmétiques seront en outre interdites dans plusieurs pays. Et l’Union européenne développe une stratégie pour s’assurer que tous les emballages utilisés dans ses 28 pays membres seront recyclables ou réutilisables dès 2030.

La Suisse n’est pas membre de l’Union européenne et n’a pas de plan équivalent pour réduire la quantité de déchets plastiques. «Le gouvernement peut uniquement interdire des produits si leur impact environnemental est injustifiable. L’interdiction d’un produit représente une forte atteinte à la liberté économique. Il faut qu’il y ait une raison très convaincante pour le faire», explique Elisabeth Maret, porte-parole de l’Office fédéral de l’environnement.Lien externe

Elle relève d’ailleurs le succès de l’initiative volontaire des détaillants suisses qui font maintenant payer 5 centimes pour les sacs plastiques qui étaient auparavant distribués gratuitement aux caisses. Cette mesure a entraîné une baisse de 84% de la demande entre 2016 (417'781’000 sacs) et 2017 (66'112’000 sacs). Autrement dit, il n’est pas indispensable que le gouvernement se mêle de la question.

L’Office fédéral de l’environnement s’intéresse d’ailleurs moins au taux de recyclage relativement bas qu’aux mesures qu’on pourrait prendre dans les premières étapes du cycle de vie des produits. Une conception plus écologique des emballages faciliterait la récupération et la réutilisation des plastiques de qualité, relève Elisabeth Maret.

La Chine n’en veut plus

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