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Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

4 déc. 2012

Tablettes toxiques

Un de mes amis sur Facebook a appelé la tablette « VTech Inno Tab 2 » destinée aux enfants âgés de 3 à 9 ans et vendue en Europe sous le nom de "Vtech Storio 2", un morceau de « carcinogenic technojunk ». Cela m’a poussée à entreprendre des recherches sur ce gadget qui se trouvera sous beaucoup de sapins de Noel cette année. Les références de Google ne m'ont pas donné d'informations sur la composition exacte de ce "jouet", à part la mention du caoutchouc et du plastique. Presque tous les sites font l'éloge de ces tablettes et incitent les parents à les acheter pour leurs enfants. A 139.99 Euros ( à la Fnac), cela rapporte beaucoup d'argent à Vtech et aux commerçants. Le magazine des consommateurs le plus populaire de Suisse romande  Bon à savoir (391'000 lecteurs), présente la tablette Vtech comme cadeau prisé des enfants et en compare les prix dans divers magasins. Il ne mentionne pas ses effets "toxiques" pour les personnes qui la fabriquent et sur le développement des jeunes enfants qui l'utilisent. 



Par contre, j'ai trouvé un rapport de 50 pages, publié en juin 2012 par "the Institute for Global Labor and Human Rights", sur les conditions déplorables de travail dans les usines Vtech à Guangdong en Chine." Beaucoup d'employés y mènent des vies pires que celles des travailleurs à Foxcom", producteur de masse pour Apple. Il y a aussi plusieurs articles concernant les effets néfastes de ces tablettes sur le développement des jeunes enfants. 





Tablettes fabriquées en Chine dans des conditions illégales et déplorables

Les produits de Vtech, y compris la tablette éducative "Storio 2", nommée "jouet de l'année", sont fabriqués en Chine, à Guangdong, dans trois usines qui tournent 24 heures par jour et emploient 30’000 personnes dans des conditions illégales et déplorables. Pour un salaire inférieur au minium, $ 1.09 de l'heure, les employés doivent travailler debout toute la journée, de 12 à 15 heures par jour, six jours par semaine, et accomplir en une heure, de 1289 à 1600 opérations qui consistent à enfoncer des éléments dans les circuits imprimés. Travaillant dans les lieux peu ventilés, ils sont exposés aux diluants toxiques utilisés pour nettoyer les circuits imprimés. Ces diluants contiennent des substances comme le benzène qui est cancérigène et mutagène, le toluène, de l'acetone … qui peuvent causer des allergies cutanées, des vertiges, des nausées, et d'autres troubles plus graves. Ils ne reçoivent aucune éducation concernant les dangers potentiels de ces substances toxiques ou les possibilités d' atténuer les risques de l’exposition.

Les employés n'ont aucun droit, aucune dignité, aucune voix. Ils décrivent leur travail comme « abrutissant, épuisant, dénué de sens, et mal payé ». Ils souffrent de niveaux élevés de stress et de dépression. Il y a des morts et des suicides dus à une surcharge de travail. La cafétéria de l’usine sert une cuisine pauvre en valeur nutritive : du riz et des pommes de terre pourries. Ces personnes n’ont pas de temps pour se reposer ou se distraire pendant leur seule journée libre, et l’argent leur manque pour sortir.

Les conditions de vie personnelle des travailleurs ne sont pas meilleures. Huit personnes sont entassées dans une petite chambre-dortoir sans climatisation et sans rideaux aux fenêtres. Les douches n’existent pas : il faut se laver dans les seaux en plastique.

Les droits de l'homme et du travailleur en Chine pas protégés

Vtech fabrique des téléphones avec et sans fil et des jeux électroniques éducatifs. Il vend 172'800 articles par jour, à savoir, un total de 63 millions de pièces par an dans 75 pays. C’est le fournisseur exclusif de Deutsche Telekom pour tous ses téléphones avec et sans fil. Vtech vend aussi ses produits à Target, Sears, Wal-Mart, AT&T, Motorola, Philips et Telstra (Australie). En mai 2012, la compagnie a annoncé des recettes annuelles de 1,785 milliards de dollars. Les compagnies comme Deutsche Telekom, qui adhèrent à la responsabilité sociale, échouent dans leurs tentatives de protéger les droits de l’homme et du travailleur en Chine. 

En ce qui concerne les effets “toxiques” de ces tablettes, leur utilisation peut générer des difficultés de langage, d’écriture et de lecture chez les jeunes enfants. Passer de longues périodes devant une tablette peut causer des problèmes de concentration et de comportement. Les rayures de l’écran peuvent être nocives pour les yeux.

Il est temps que les parents se comportent comme des consommateurs responsables en n'achetant plus de jouets électroniques, “toxiques” pour les travailleurs qui les assemblent et pour le développement des jeunes enfants qui les utilisent.

Références:

“VTech Sweatshop in China”, by Institute for Global Labour and Human Rights, June 2012.

“A touchscreen for your iKids: Frist tablet computer toy for children raises fears they will become addicted to technology”, by Sarah Harris, Daily Mail, 10 June 2011.

“Warning that first toy ‘tablet’ could spawn generation of struggling iKids”, by Mohit Joshi, TopNews.in, 6 December 2011.

par Meris Michaels

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