Pourquoi la surveillance technologique n’est pas le bon remède au Covid-19
par Solange Ghernaouti, directrice, Swiss Cybersecurity Advisory and Research Group,
OPINION, letemps.ch, 13 avril 2020
OPINION. Le Covid ne doit pas devenir le moteur, à marche forcée, de la transformation digitale au détriment des droits fondamentaux, écrit Solange Ghernaouti, directrice du Swiss Cybersecurity Advisory and Research Group
(Photo:) Scan d’un code QR indiquant le «code santé» du propriétaire à l’entrée d’une station de métro. Wuhan, Chine, 1er avril 2020. — © Ng Han Guan/AP Photo via KeystonePour la majorité d’entre nous, c’est la première fois que nous sommes confrontés à une pandémie. Nous n’y étions pas préparés: pas de masque, pas de désinfectant, pas de test de dépistage, pas de chance… Mais il ne s’agit pas d’avoir la chance de ne pas tomber malade, celle de pouvoir accéder à des soins adaptés ou encore à une place en réanimation. Faire face à une pandémie n’a rien à voir avec de la chance mais avec la capacité des acteurs publics et privés à gérer des infrastructures critiques afin que celles-ci soient disponibles et efficaces, y compris lors de catastrophes de grandes ampleur et intensité. Il s’agit dès lors de savoir anticiper, prévoir, c’est-à-dire investir, organiser, faire et réagir à temps. En sécurité informatique comme en santé, pour gérer une crise, il faut disposer de réserves qui ne servent qu’en cas de crise et être dans une situation de non-dépendance à des tiers pour les mesures de prévention, de protection et de réaction.

