Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

10 avr. 2013

Champs électromagnétiques - 2 : L'électrosensibilité

Beaucoup d'électrosensibles doivent porter des vêtements
qui les blindent contre les radiofréquences.
Voici l'extrait – sur l’électrosensibilité - de l'excellent article sur les champs électromagnétiques publié récemment dans le magazine Maison du 21e siècle. L’article discute aussi la minimalisation des risques par Santé Canada et les mesures pratiques de protection à mettre en priorité, suggérées par la Dresse Magda Havas. 

Champs électromagnétiques : douze façons de se protéger
par André Fauteux, Rédacteur, Maison du 21e siècle 2 avril 2013

L’électrosensibilité

Le groupe de travail BioInitiative est composé de 29 experts indépendants qui ont passé en revue 1 800 études publiées depuis 2007 sur le rapport entre les CEM et la santé. Ils affirment que la prépondérance de la preuve indique que les expositions très en deçà des standards de sécurité publique peuvent augmenter le risque de nombreuses maladies et conditions, du cancer du cerveau et de la leucémie aux maladies cardiaques et neurologiques, en passant par l’infertilité, l’autisme et l’électrosensibilité, en particulier chez les utilisateurs fréquents d’appareils sans-fil. Par exemple, les standards sont de 1000 à 10 000 fois plus élevés que les niveaux maintenant communément rapportés comme déclencheurs d’effets biologiques, d’après le groupe BioInitiative dont fait partie l’ingénieur électrique Yury Grigoriev, président du Comité national russe sur la protection des radiations non ionisantes.

La médecine moderne est encore à débattre des origines des symptômes d’électrosensibilité tels que les maux de tête, l’insomnie, les troubles cutanés et les acouphènes (bourdonnements d’oreilles). L’Organisation mondiale de la santé croit qu’il n’est pas prouvé que ces symptômes sont causés par l’exposition aux champs électromagnétiques et n’exclut pas la possibilité qu’ils soient d’origine psychosomatique. Quelques études, la plupart financées par l’industrie, en sont venues à cette conclusion.

Mais d’autres études, par exemple celles du chirurgien cardiaque Dr William J. Rea, du Texas, de l’écotoxicologue Magda Havas Ph.D., professeure agrégée à l’université de Trent en Ontario, et du biophysicien Andrew Marino Ph.D., professeur de neurologie, de chirurgie orthopédique ainsi que de biologie cellulaire et d’anatomie à l’Université de Louisiane, ont conclu que les champs électromagnétiques sont effectivement des déclencheurs de symptômes d’électrosensibilité.

« L’électrosensibilité n’est pas une phobie », nous a affirmé en entrevue le gastroentérologue Roy Fox, professeur de gériatrie et expert en médecine environnementale à l’Université de Dalhousie à Halifax, Nouvelle-Écosse. « Quand le système nerveux est dans un état d’excitation élevée, en réaction à l’environnement, on interprète cela comme de l’anxiété, relate le Dr Fox, qui est directeur médical du Service de soins intégrés des maladies chroniques, un centre financé par des fonds publics qui se spécialise dans le traitement des patients souffrant des conditions chroniques complexes telles que le syndrome de fatigue chronique et les sensibilités environnementales. Mais lorsque vous tombez malades et que tout ce à quoi vous êtes exposés aggrave votre condition, vous devez réduire vos expositions environnementales de façon à ce que le corps puisse récupérer. Nous enseignons à nos patients comment réduire les expositions chimiques et électromagnétiques et alors leur état de santé s’améliore. »

Certains médecins québécois sont conscients des effets biologiques des CEM. « L’une de mes patientes souffrait de rosacée sévère, la peau de son visage brûlait et pelait sans aucune amélioration avec les médicaments ou les crèmes que je prescrivais, raconte la dermatologue montréalaise June Irwin, qui pratique à Pointe-Claire. Finalement, elle a découvert que c’est parce qu’elle lisait beaucoup de livres sur une tablette iPad en ligne via le Wi-Fi, et à cause de la crème à base de cortisone qu’elle utilisait. Finalement, cinq ou six jours après avoir cessé d’utiliser le iPad, sa condition cutanée s’est améliorée de 90 %. »

Le rapport BioInitiative conclut sans équivoque : « Un usage vigoureux du principe de précaution et des avertissements clairs de santé publique sont nécessaires dans l’immédiat pour prévenir une épidémie mondiale de tumeurs du cerveau due à l’usage des appareils sans-fil. » En fait, l’épidémie a peut-être déjà commencé, selon le London Daily Mail du 24 avril 2012 : le taux des tumeurs du lobe temporal et frontal a grimpé de 50 % (de 2 à 3 personnes par 100 000) entre 1999 et 2009, selon l’Office britannique des statistiques nationales. De plus, « les données de l’Université Segalen de Bordeaux démontrent une augmentation annuelle de 1 à 2 % du cancer du cerveau chez les enfants ». 

Des niveaux plus sûrs

C’est pourquoi le groupe de travail BioInitiative recommande de limiter à 1 milligauss (mG) – ou 0,1 microtesla sur l’échelle métrique – l’exposition moyenne sur 24 heures aux champs magnétiques de 60 Hz afin de protéger les enfants et les femmes enceintes. Santé Canada adhère à la limite internationale de 1 000 mG qui ne considère que les effets aigus et non les effets à long terme comme le cancer. En plus de la leucémie, ces champs magnétiques sont aussi soupçonnés de causer des maladies neurologiques ainsi que les cancers du cerveau et du sein. Ceci notamment en stoppant la production par la glande pinéale de l’hormone du sommeil, la mélatonine, un antioxydant très puissant qui freine la croissance des tumeurs.

Aucune limite d’exposition internationale n’a été établie pour les champs électriques (CÉ) de très basses fréquences, car on les a peu étudiés. mais la surexposition a aussi été reliée à des effets sur la santé, comme un risque accru de leucémie chez les enfants et les travailleurs de l’électricité, d’infections (aussi causées par l’électricité statique), les mutations, etc. Pour sa part, l’Institut de bau-biologie et d’écologie recommande de limiter à 1 volt par mètre l’exposition chronique aux Cé de 60 Hz.

Pour le sans-fil, le groupe BioInitiative recommande une limite de 0,1 microwatt par centimètre carré ou 0,614 volt par mètre pour l’exposition cumulative sur 24 heures aux radiofréquences pulsées à l’extérieur, ce qui équivaut à une exposition à l’intérieur aussi basse que 0,01 microwatt par centimètre carré. Pour obtenir ce niveau d’exposition cumulative, il faut éviter les équipements sans-fil autant que possible, surtout la nuit quand le corps a besoin de reposer et de se régénérer. Ainsi, le parlement européen recommande de réduire l’exposition aux CEM à des niveaux aussi bas qu’il est raisonnablement possible d’atteindre par des mesures simples et abordables, comme l’ont recommandé plusieurs pays. Par exemple, la Grande-Bretagne, l’Autriche et l’Allemagne ont recommandé d’utiliser les connexions internet filaires au lieu du Wi-Fi, de limiter aux urgences seulement l’usage du téléphone cellulaire par les adolescents et d’interdire son usage aux enfants.

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