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17 juin 2014

Sus à l'électrosmog dans la maison!

Sources du Wi-Fi à la maison
(Cet image n'a pas accompagné l'article.)
On n'a pas apprécié le commentaire sur l'électrosensibilité de Pierre Zweiacker chargé de cours à l'EPFL (Ecole polytechnique fédéral de Lausanne), paru dans un article d'un magazine destiné aux consommateurs en Suisse Romande : « Il n'est pas établi que quelqu'un puisse ressentir, de manière fiable, des champs au niveau d'intensité concerné par les équipements grand public. Par conséquent, il n'y a pas d'indication qu'une utilisation raisonnable soit nocive. »  Dès lors, nos recommandations pour limiter la pollution électromagnétique à domicile laissent notre expert dubitatif: « C'est vrai qu'il n'est pas judicieux de placer trop d'appareils près du lit, même si l'effet sur le sommeil n'est pas clairement établi. Pour le reste, les conseils que vous mentionnez sont probablement plus utiles psychologiquement que physiquement ...»

Le nombre croissant de personnes déclarant souffrir d'électrosensibilité laisse, en effet, songeur. Selon l'OMS, elle se caractérise par des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements), neurasthéniques (fatigue, difficulté de concentration) et végétatifs (nausées, palpitations cardiaques) reconnus comme réels, mais sans qu'un lien de causalité avec l'exposition aux ondes électromagnétiques ait pu être établi...

Sus à l' électrosmog dans la maison!
par Vincent Cherpillod, Tout Compte Fait, no.5, 21 mai 2014

Surprise:  Ce sont les appareils domestiques qui nous exposent le plus aux champs électromagnétiques davantage que les antennes de téléphone mobile ou les lignes à haute tension.  Peut-on s'en protéger, et comment?


Nous sommes exposés de manière sans cesse croissante aux rayonnements électromagnétiques. Et pas seulement lorsqu'on réside ou travaille à proximité d'une importante ligne électrique ou d'une antenne relais de télécommunication. Car, si ces dernières sont soumises à des normes- en Suisse, c'est l'ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI) qui fait foi*, tel n'est pas le cas des nombreux appareils électriques qu'on trouve dans les habitations. Or, ils émettent, eux aussi, des champs électromagnétiques... Au point que, selon le physicien, Pierre Zweiacker, adjoint scientifique au laboratoire de haute tension de l'EPFL, «l'exposition d'une personne est toujours plus importante à cause des appareils qu'elle utilise, plutôt qu'à cause d'installations fixes situées hors du logement». 

PAS QUE LES MOBILES… 

Si les émissions des téléphones portables font débat depuis plusieurs années déjà, ils sont loin d'être les seuls concernés: routeurs wifi, télévisions, lampes de chevet, récepteurs radio et autres plaques de cuisson à induction sont autant d'appareils qui émettent, eux également, leur quota de rayonnements. A titre d'exemple, l'intensité du champ électrique mesuré à 30 cm d'un fer à repasser est 20 fois supérieure au rayonnement maximum admis pour les antennes de téléphonie mobile! Additionnées, ces machines génèrent toutes une pollution électromagnétique dont l'intensité peut être mesurée scientifiquement. Et, si ses effets sur l'être humain sont encore méconnus, on observe une hausse incontestable du nombre de personnes déclarant souffrir d'électrosensibilité. 

Le risque de développer une hypersensibilité aux champs électromagnétiques est déterminé par trois critères: l'intensité du rayonnement, sa durée et la fréquence de l'exposition. Il existe cependant quelques mesures de précaution élémentaires permettant de diminuer ce risque pour chacun d'entre eux. 

PRENDRE DE LA DISTANCE 

Règle numéro un: s'éloigner! Selon la géométrie de la source, l'intensité du champ décroît en fonction du carré (pour les sources allongées, par exemple un cordon d'alimentation) ou du cube de la distance (sources ponctuelles, par exemple un appareil). Autrement dit et dans ce deuxième cas, en doublant la distance,on diminue l'intensité d'un facteur huit. S'éloigner de la source d'émission rend donc rapidement le rayonnement négligeable. D'où l'intérêt de ne pas déposer son téléphone sur la table de nuit ou encore d'utiliser un kit mains libres avant de passer un appel, afin de protéger le cerveau. En vertu du même principe, il faut éviter d'installer dans les pièces à vivre les appareils qui fonctionnent en permanence. 

De plus, si le champ électrique peut facilement être stoppé par un obstacle qui dévie le rayonnement vers la terre, tel n'est pas le cas du champ magnétique. Celui-ci traverse les obstacles, à commencer par les murs. Par conséquent, il faut prendre garde aux appareils qu'on place derrière la cloison à laquelle est adossée la tête d'un lit: éviter ceux qui fonctionnent en continu - chaudière, radiateur électrique, frigo ou toute machine branchée à un transformateur- sous peine d'absorber leur rayonnement toute la nuit!

BRANCHER LES PRISES DANS LE BON SENS

Pour briser le champ électrique émis par un appareil, le plus simple est de le relier à la terre.
Le cordon d'alimentation des installations d'une certaine puissance est automatiquement pourvu d'une fiche comportant trois broches; l'une d'entre elles assure cette fonction. Les appareils de plus faible puissance, en revanche, n'en ont que deux et sont donc dépourvus de mise à terre.Autant que possible,il faut les éloigner de la tête lorsqu'on les utilise ... ce qui est bien entendu impossible avec un rasoir ou une brosse à dents électrique!

Vérifier également que la prise soit branchée «dans le bon sens», c'est-à-dire que la broche neutre et la broche phase de la fiche soient bien connectées aux ports correspondants. Sans quoi l'interrupteur, qui n'agit que sur l'un des deux fils du cordon, ne coupe pas le courant électrique! Celui-ci continue à circuler jusqu'à l'appareil, même lorsqu'il est éteint. Et, si le cordon est au contact de l'armature du lit, le rayonnement peut même se transmettre au meuble entier …Il n'est toutefois pas toujours possible de distinguer la borne de la phase de celle du neutre. On peut, dans ce cas, utiliser un testeur de tension pour déterminer le sens correct. Autre solution, plus radicale: brancher tous les appareils sur une multiprise équipée d'un bouton <<On-off», voire même installer un interrupteur pour commander la prise à distance. 

SOLUTIONS RADICALES 

L'arme ultime? L'interrupteur automatique de champs, qui interrompt le circuit électrique d'une pièce lorsqu'aucune machine ne réclame de courant. La tension est rétablie dès qu'une demande de consommation est détectée. On peut même aller jusqu'à repeindre les murs de sa maison avec un enduit antiondes, qui agit en absorbant les champs. Quant aux appareils en cours d'utilisation, smartphones en tête, on peut les équiper de housses de protection comportant des fibres de métal. Attention cependant à ne pas obstruer l'antenne: lorsque la réception est mauvaise, le rayonnement émis pour établir la connexion peut doubler! 

Une chose est sûre: ce ne sont pas les accessoires de protection qui manquent, car l'inquiétude croissante du public face à la prolifération des ondes a fait fleurir ce marché ... 

*Le rayonnement ne doit pas dépasser 4 à 6 volts par mètre en fonction du genre d'antenne.

L’électrosensibilité fait débat

L'être humain ne dispose pas d'organes spécifiquement prévus pour percevoir les champs électromagnétiques de basse fréquence.A l'inverse des rayons ionisants (rayons UV, rayons X ou radioactivité), dont l'effet délétère sur les organismes a été clairement démontré, l'impact des rayonnements non ionisants sur la santé est plus incertain et fait l'objet d'un vif débat.
Selon Pierre Zweiacker, chargé de cours à l'EPFL, «il n'est pas établi que quelqu'un puisse ressentir, de manière fiable, des champs au niveau d'intensité concerné par les équipements grand public. Par conséquent, il n'y a pas d'indication qu'une utilisation raisonnable soit nocive.»  Dès lors, nos recommandations pour limiter la pollution électromagnétique à domicile laissent notre expert dubitatif: «C'est vrai qu'il n'est pas judicieux de placer trop d'appareils près du lit, même si l'effet sur le sommeil n'est pas clairement établi. Pour le reste, les conseils que vous mentionnez sont probablement plus utiles psychologiquement que physiquement ...»
 
Il nuance toutefois: «Si vous laissez une multitude d'appareils allumés en permanence, qui sait? Au nom du principe de précaution, on peut éventuellement s'interroger sur la nécessité d'introduire des normes plus strictes.» 

Le nombre croissant de personnes déclarant souffrir d'électrosensibilité laisse, en effet, songeur. Selon l'OMS, elle se caractérise par des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements), neurasthéniques (fatigue, difficulté de concentration) et végétatifs (nausées, palpitations cardiaques) reconnus comme réels·, mais sans qu'un lien de causalité avec l'exposition aux ondes électromagnétiques ait pu être établi. Le soupçon est toutefois suffisamment élevé pour que le Conseil de l'Europe se soit prononcé, en 2011 déjà, pour «fixer un seuil de prévention pour l'exposition aux micro-ondes en intérieur ne dépassant pas 0.6 V/rn».

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