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3 juil. 2017

Alerte aux écrans pour les enfants en bas âge

[Il est intéressant de noter que l'Association des médecins du canton de Genève a exclu cet article de leur Revue de presse !]

Alerte aux écrans pour les enfants en bas âge
par Pascale Bierimis, lematin.ch, 3 juillet 2017


La surexposition numérique entraînerait des symptômes de type autistique chez les petits de 0 à 4 ans, selon un médecin dans une vidéo qui fait le buzz

Depuis plusieurs semaines, le Dr Anne Lise Ducanda endosse le costume de lanceuse d’alerte. Et crée le buzz sur le Web, avec un message inquiétant. Spécialiste en protection maternelle et infantile (PMI) dans la région parisienne, elle affirme en effet que de plus en plus d’enfants de moins de 4 ans développent des troubles de type autistique, parce qu’ils passent trop de temps devant un petit écran.

Elle décrit des bambins dans leur bulle, indifférents au monde qui les entoure, qui ne jouent pas avec les autres, ne comprennent pas des consignes toutes simples, sont inhibés ou au contraire très agités, intolérants à la frustration, parfois agressifs…

Manque de stimulation


Mais quel est le lien, dites-vous, avec la surexposition numérique? Pour la spécialiste de la santé, il est sans appel. «Quand je parle avec les parents, il en ressort que les enfants en grande difficulté sont très souvent exposés de 6 à 12 heures par jour aux écrans. Sans jeu de simulation.»

Il s’agit souvent de foyers où la télévision est allumée en permanence et où l’enfant a accès dès ses premiers mois au smartphone ou à la tablette. «Je vois des petits de 2 ans capables de télécharger un dessin animé mais qui ne répondent pas à leur prénom. Ils présentent une certaine forme d’intelligence mais elle est inadaptée. Ça trompe les parents, ce n’est qu’un automatisme cérébral.» Selon la doctoresse, un bambin sur 20 serait concerné.

Toutefois, la situation n’est pas irréversible: «Quand on parvient à diminuer l’utilisation du numérique à une heure par jour, les troubles et les signes autistiques diminuent miraculeusement, ou très fortement. Et le développement cérébral reprend normalement.» Si tel n’est pas le cas, après un mois, le problème est autre et des examens médicaux s’imposent. Cette thèse est partagée par divers experts de la petite enfance, dont certains – suite à la vidéo – viennent de cosigner, avec Anne Lise Ducanda, une tribune libre dans Le Monde. Mais pour d’autres, la référence à l’autisme passe mal. Ou, du moins, est inappropriée.

Pas d’étude scientifique

C’est le cas notamment du Dr Michel Bader, pédopsychiatre à Lausanne. «Il est indéniable que les écrans peuvent augmenter l’irritabilité et l’angoisse chez les enfants. Mais de là à parler d’autisme… Il faudrait une étude scientifique pour démontrer un tel lien de cause à effet. Et elle n’existe pas.»

Le Dr Dora Knauer, pédopsychiatre à Genève, réfute, elle aussi, cette association avec l’autisme: «On ne peut pas dire que l’écran rend malade…», dit-elle. Mais elle constate toutefois que le comportement des enfants a évolué avec l’omniprésence des écrans. «Ceux qui passent trop de temps devant sont souvent plus renfermés, impatients et tolèrent mal la frustration. Les écrans ont beaucoup d’éléments positifs mais chez les enfants, il faut limiter leur utilisation à une heure par jour.» (Le Matin)

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