par Caroline Zuercher, tdg.ch, 18 mars 2025
Patrick Martin / 24 heures
En bref :
- Les inquiétudes quant aux effets des réseaux sociaux sur la santé des jeunes augmentent.
- Deux postulats adoptés mardi au Conseil des États demandent un rapport fédéral sur ces effets et les régulations nécessaires.
- L’interdiction partielle ou totale de l’accès à certaines plateformes pourrait être une option, pour certaines catégories d’âge ou dans des contextes précis comme le milieu scolaire.
«S’il y a une certitude aujourd’hui, c’est que les conséquences de l’exposition croissante des enfants aux réseaux sociaux doivent nous inquiéter.» Selon la conseillère aux États Céline Vara (les Verts/NE), «il n’est plus question de savoir si ces outils influencent leur santé mentale, mais bien de mesurer l’ampleur de cette influence et d’envisager les régulations nécessaires pour garantir leur bien-être».
Ces préoccupations semblent partagées. Ce mardi, la Chambre haute a adopté deux postulats (de Céline Vara, et de la Verte bâloise Maya Graf) chargeant le Conseil fédéral de présenter un rapport sur la protection de la santé physique et mentale des plus jeunes face à l’utilisation et l’exposition aux réseaux sociaux et messageries électroniques.
Dans ce cadre, le gouvernement est chargé d’étudier les possibilités de limiter, voire d’interdire partiellement ou totalement l’accès aux plateformes jusqu’à un certain âge ou dans des conditions particulières, comme à l’école. Maya Graf lui demande en outre ce qu’il pense de l’interdiction du smartphone dans les écoles.
Face aux sénateurs, ce mardi, Maya Graf rappelle que, depuis le début de l’année, la nouvelle loi fédérale sur la protection des mineurs dans les secteurs du film et du jeu vidéo offre des possibilités de promotion de la compétence médiatique. «Mais malheureusement, le Conseil fédéral n’a jusqu’à présent prévu aucun financement à cet effet, en invoquant le programme d’allègement budgétaire 2027.»
Étude à l’appui, Céline Vara souligne de son côté que la santé psychique des enfants, des ados et des jeunes adultes est «malmenée». «Le lien avec l’accès aux réseaux sociaux et au contenu problématique est connu», complète-t-elle, avant de regretter que «la Suisse est en retard».
Santé mentale des jeunes
Si les réseaux sociaux «ne sont pas la cause unique des problèmes de santé mentale de nos jeunes, ils amplifient des facteurs de risque existants, comme la solitude ou la pression sociale», avertit la Neuchâteloise. Et de rappeler que, selon l’Organisation mondiale de la santé et une enquête menée par HBSC, «plus d’un adolescent et d’une adolescente sur dix présentent des signes de dépendance aux réseaux sociaux».
«C’est une question de société qui nécessite désormais une attention de nature politique», reconnaît la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. Et la ministre de la Santé d’évoquer les inquiétudes provoquées par ce débat, qui laisse certains parents «désemparés».
Les résultats des études sur le sujet sont «parfois contradictoires», note la socialiste. D’où la nécessité, selon elle, de mener des investigations. Par contre, elle précise que le gouvernement ne pourra pas se positionner sur l’interdiction du téléphone portable dans les écoles, qui relève de la compétence des cantons ou des directions d’école.
Ces postulats ont été déposés après que l’Australie a interdit l’accès à des plateformes telles que TikTok et Instagram. En novembre 2024, un sondage Tamedia (éditeur de ce contenu) montrait que 78% des Suisses aimeraient suivre cette voie. Des experts interrogés en septembre dernier émettaient toutefois des doutes sur l’utilité d’une interdiction et sur son application réelle. Ils prônaient plutôt une meilleure éducation.
Instaurer un âge minimum séduit tant les jeunes que les ainés
Sondage réalisé du 21 au 24 novembre 2024 auprès de 13’215 personnes de toute la Suisse (dont 3333 en Suisse romande). Marge d’erreur maximale du sous-groupe: ±7 points de pourcentage.
Céline Vara se dit «soulagée» de la décision prise ce mardi. «On parle depuis des années de la santé psychique des jeunes. C’est une bonne chose que le législateur s’en préoccupe enfin. J’espère qu’il sortira du rapport demandé des vraies propositions de mesures.»
«Il ne faut peut-être pas interdire les réseaux sociaux, mais agir par le biais de la prévention, poursuit la Neuchâteloise. Dans ce cas, la prévention doit être efficace.» Elle espère en tout cas que «la montagne ne va pas accoucher d’une souris», et conclut: «Maintenant, il faut agir vite.»
https://www.tdg.ch/tiktok-un-premier-pas-pour-interdire-lapp-aux-plus-jeunes-599549242227
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