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19 mai 2014

Le combat des agriculteurs européens pour la reconnaissance du lien entre pesticides et maladies graves

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Cancers des agriculteurs, la fin d’un tabou
par Ingrid Merckx, politis.fr, 15 mai 2014

Ces dix dernières années, les troubles de santé d’une cinquantaine d’agriculteurs ont été reconnus comme maladies professionnelles liées à une exposition à des pesticides, essentiellement des cancers et la maladie de Parkinson.

On aimerait penser que leur mode de vie les protège. Mais les agriculteurs sont les premières victimes des produits toxiques qu’ils utilisent. Ces dix dernières années, les troubles de santé d’une cinquantaine d’entre eux ont été reconnus comme maladies professionnelles liées à une exposition à des pesticides, essentiellement des cancers et la maladie de Parkinson. Ils sont soutenus par des associations de lutte sanitaire contre les pesticides, tandis que le modèle agricole dominant reste celui d’une agriculture intensive avec des objectifs de rendement plutôt que de respect de l’environnement et des populations. Les mutuelles agricoles commencent cependant à prendre la mesure du problème et les pouvoirs publics embraient doucement. Des politiques de réduction de l’usage des pesticides voient le jour, notamment depuis le Grenelle de l’environnement et le lancement du plan Ecophyto en 2008. Certains agriculteurs, tels une quinzaine de vignerons installés sur la côte Vermeille, n’ont pas attendu pour adopter des alternatives aux intrants chimiques (voir notre reportage), tandis qu’un éleveur de brebis à la retraite témoigne ici de son expérience et fait le point sur l’évolution des pratiques. Si les molécules les plus dangereuses utilisées dans les années 1970 ont été retirées du marché, la France reste le premier utilisateur de pesticides en Europe. Les conséquences de ces pratiques agricoles ne touchent pas que les agriculteurs, mais aussi leurs proches, particulièrement les enfants, explique Charles Sultan, professeur en endocrinologie pédiatrique, spécialiste des effets des pesticides sur le corps humain : « Qu’attend-on pour agir ? »

http://www.politis.fr/Cancers-des-agriculteurs-la-fin-d,26979.html


On salue le courage de ces agriculteurs européens qui ont lutté pour que soient reconnues leurs graves maladies causées par les pesticides.  Ces deux exemples sont les premiers dans le domaine du droit et très importants pour mettre en évidence les effets des pesticides sur la santé des agriculteurs.  Suite au jugement du Tribunal Permanent des Peuples des six plus grandes compagnies agrochimiques pour violations des droits humains (voir "Les six plus grandes compagnies agrochimiques jugées coupables ..." ), on espère que toujours plus de personnes auront le courage de poursuivre leurs revendications pour obtenir justice.  Depuis les scandales du Médiator et des implants mammaires du PIP fabriqués en France avec du gel silicone à usage industriel, il faut prendre des mesures plus strictes contre les compagnies  qui trompent le public sur la sécurité de leurs produits parfois nocifs pour la santé.

                      
Un agriculteur suisse, Denis Camuset, est devenu paraplégique après avoir été atteint d'un cancer du système lymphatique dû à l'exposition aux pesticides qu’il utilise pour traiter les champs. Il a déposé une plainte contre sa compagnie d'assurance qui refusait de reconnaître le lien entre sa maladie et son métier d’agriculteur.  Son avocat, Me Michel Converset, a engagé un expert indépendant qui a présenté des preuves de cause à effet entre les pesticides et le cancer.  Début 2011, le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (TASS) a reconnu que son cancer était lié à son métier.  Non seulement M. Camuset a été indemnisé, mais son cas pourrait faire jurisprudence, le premier en Suisse.  M. Camuset ne pouvait pas déposer de plainte contre le fabriquant des pesticides car il avait utilisé plusieurs pesticides fabriqués par différentes compagnies.  Il  croyait qu’il n’aurait pas gagné le procès s’il avait essayé de faire traduire en justice une grande compagnie agrochimique.  

Le 13 décembre 2011, la 4ème chambre civile du Tribunal de grande instance de Lyon,  France, a examiné la plainte de Paul François, agriculteur charentais, contre Monsanto, dont il accuse un produit herbicide, le lasso, d’être à l’origine de ses graves problèmes de santé.  C’est une première dans le domaine du droit environnemental.  Le tribunal rendra sa décision le 13 février 2012.  (Réf :  article de NOVOpress, Lyon du 14 décembre 2011).

par Meris Michaels


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