Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

6 juil. 2011

"Retombées" - Rayonnement ionisant

Nous vivons les « retombées» de la catastrophe nucléaire au Japon : le rayonnement qui continue, des "alertes" nucléaires, une hausse des manifestations anti-nucléaires, les décisions des gouvernements d'interdire ou de sortir du nucléaire et l'affaiblissement des règles de sécurité pour les réacteurs nucléaires.

Fukushima explosion



Dans les médias aux Etats-Unis, il y a eu peu de reportages sur les risques pour la santé humaine des rayonnements s'échappant de Fukushima. Pour donner un exemple des déclarations des autorités sanitaires américaines, le 19 mars, un porte-parole du département californien de la santé publique a dit que, au pire, le rayonnement de Fukushima aurait des conséquences sanitaires très mineures aux États-Unis. Cela rappelle la position de la France ayant déclaré en 1986 que le rayonnement de Tchernobyl s'était arrêté à ses frontières, alors que son voisin, la Suisse, avait averti les enfants et les femmes enceintes de ne pas consommer le lait, la viande et les légumes frais du  pays.
         
Le Département de génie nucléaire de l’Université de Berkeley, continue de faire des tests du sol, de l’eau et de l’air ainsi que des produits alimentaires en Californie afin d'établir les niveaux de radionucléides résultant de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Des niveaux élevés de radionucléides ont été trouvés dans des produits tels que les épinards, le chou frisé et les fraises. Ceci est très préoccupant car la Californie fournit 80% des produits frais pour le reste des États-Unis.

On soupçonne que des pays comme les Etats-Unis et la France, qui ont le plus grand nombre de réacteurs nucléaires, cachent la vérité au sujet de Fukushima et même sur l’état des réacteurs dans leur pays. Les cas de cancers pourraient augmenter dans la région de Fukushima à l'avenir, comme ils l'ont fait après l'accident de Tchernobyl.

La France a 58 réacteurs nucléaires qui génèrent 74% de son électricité.  Il y a quelques années, sur la plage des Saintes-Maries-de-la-Mer, j'ai vu des panneaux mettant en garde sur la présence d'éléments radioactifs, provenant sans doute des 20 centrales nucléaires de la Vallée de Rhône, la plus importante concentration de centrales nucléaires en Europe.




Récemment, il y a eu un incendie à la centrale nucléaire du Tricastin dans la vallée du Rhône, quelques jours seulement après que 32 problèmes de sécurité aient été identifiés. Bien que son propriétaire, EDF (Electricité de France) dise qu'il n'y avait pas de fuites de rayonnement ou d’autres contaminations causées par l’incident, cette centrale est l'un des plus anciens réacteurs en opération en France. Il a été construit en 1974 et est entré en service en 1980. En 2007, une fuite d'uranium a été signalée, contaminant les rivières avoisinantes. L'usine continuera d’être en opération pendant les prochaines années. Des 58 réacteurs qui se trouvent en France, 34% sont de ce type. Le Président français Nicolas Sarkozy a promis d'investir un milliard d'euros en énergie nucléaire ainsi qu’en «ressources substantielles» pour la recherche en sûreté nucléaire.

Beaucoup de pays qui ont des centrales nucléaires discutent des questions de la sûreté nucléaire et la demande d’autres "recherches" – comme pour déterminer si oui ou non les rayonnements non ionisants ont des effets néfastes sur la santé. Certains pays, heureusement, sont allés plus loin et ont fixé un calendrier pour l'abandon de cette énergie nucléaire. L’Allemagne en a fixé la date :  2022.  La Suisse, qui vient de voter  l’interdiction de la construction de nouvelles centrales, a choisi d’inscrire dans la loi le maintien des technologies et de la recherche sur le nucléaire. Les cinq centrales actuelles seront arrêtées dès qu'elles ne respecteront plus les consignes de sécurité. Cela veut dire qu'une date pour sortir du nucléaire n'a pas été fixée. En Italie, le peuple a décidé de refuser la relance du nucléaire par référendum en juin 2011.  En Europe, au 1er Janvier 2011, il y avait 195 centrales nucléaires en exploitation dans 17 pays. 

Aux Etats-Unis, qui comptent 104 réacteurs nucléaires, l'EPA (Environmental Protection Agency) a  décidé  début mai de surveiller les niveaux de rayonnement seulement tous les trois mois. En juin, la FDA (Federal Drug Administration) des Etats-Unis a cessé de surveiller les niveaux de rayonnement qui se trouvent dans les poissons de l’océan Pacifique.  Une raison c’est qu’au moins 23 réacteurs aux Etats-Unis sont similaires à ceux de Fukushima. Une autre raison c’est que l’industrie nucléaire aux Etats-Unis demande 36 milliards de dollars en garanties de prêts pour de nouveaux réacteurs. L'EPA étudie un plan pour augmenter considérablement les niveaux acceptables de radioactivité dans l'eau potable et le sol,  suite aux "incidents radiologiques». Dans les dix semaines suivant la catastrophe de Fukushima, plusieurs villes du nord-ouest des États-Unis ont connu une augmentation de 35% de  mortalité infantile, qui pourrait  résulter des retombées radioactives en provenance du Japon.

Les normes de sécurité pour les réacteurs vieillissants aux États-Unis sont affaiblies ou tout simplement  pas appliquées. Sur ses 104 réacteurs, 82 ont plus de 25 ans.  L'Union of Concerned Scientists a signalé plus de 400 fuites radioactives accidentelles sur les sites nucléaires depuis la construction de ces réacteurs. L’Institut des Etats-Unis des études politiques signale que «plus de 30 millions barres de combustibles nucléaires hautement radioactifs sont immergées dans des pools de stockage vulnérables».

Centrale nucléaire à Ft. Calhoun et le Missouri en crue


En juin 2011, l'inondation du fleuve Missouri a menacé deux réacteurs nucléaires dans l’état de Nebraska (Ft. Calhoun). La situation a provoqué l’alerte numéro un sur l'échelle des incidents nucléaires, la «notification d'événement inhabituel", qui signifie que les événements sont en cours ou ont eu lieu indiquant une dégradation potentielle du niveau de sécurité de la centrale, mais pas de rejet de matières radioactives.



En ce qui concerne Fukushima, le Japon a placé la catastrophe nucléaire au niveau 7, le maximum sur l'échelle internationale des crises atomiques, au même niveau que Tchernobyl.  Il y a eu des effondrements entiers des réacteurs 1, 2 et 3, ce que le Japon n'a admis qu'un mois après le tremblement de terre et le tsunami ayant provoqué la catastrophe. TEPCO, propriétaire de la centrale, a reconnu que l'accident a probablement libéré plus de matériaux radioactifs dans l'environnement que l’accident de Tchernobyl. 

Les réacteurs exposés continuent de libérer des particules. Les enfants japonais portent désormais des moniteurs de rayonnement. La pollution radioactive interne est l'une des très graves conséquences de Tchernobyl. ce que l'OMS (Organisation mondiale de la Santé)  continue à nier. Inhalées ou ingérées, les particules radioactives continuent d'irradier le corps et peut causer le cancer, en se logeant dans les poumons et le tractus digestif. Le gouvernement japonais a augmenté les limites d'exposition aux rayonnements admissibles pour les enfants, ce qui signifie qu'ils appellent "sûrs", des niveaux élevés de rayonnement, alors qu' il n'y a pas de niveau sécuritaire de rayonnement pour l’être humain exposé ni pour la consommation humaine. La contamination radioactive interne généralisée chez les Japonais dans la région de Fukushima a maintenant été confirmée. Les éléments radioactifs continuent d'être évacués dans l'océan Pacifique par les réacteurs, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses pour la vie marine.

Il s'agit d'une technologie très dangereuse, mais  tout le monde n'est pas de cet avis, en particulier les autorités des pays pro-nucléaires. Combien de catastrophes comme Tchernobyl ou Fukushima  faudra-t-il encore pour le réaliser et choisir d'abandonner l'énergie nucléaire en faveur d'énergies renouvelables?


par Meris Michaels

 (Réf. sources diverses des médias: Common Dreams, l’enquête de l’Associated Press sur la sûreté nucléaire aux États-Unis.)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire